L’Apollo finira au recyclage

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Par Charlotte Paquet
L’Apollo finira au recyclage
Le Groupe Océan réalise actuellement des travaux pour permettre de remorquer l'Apollo, qui se trouve à ses installations depuis la fin de 2019.

C’en est fini du projet de transformer l’Apollo en récif artificiel pour la plongée dans une baie de Godbout. Aujourd’hui, le rafiot est plutôt destiné au démantèlement et trois recycleurs potentiels auraient levé la main.

Treize mois après être devenue propriétaire du vieux navire, la Société Apollo, un organisme sans but lucratif, lance la serviette, même si son président, Jean-Yves Bouffard, également maire de Godbout, éprouve du mal à se rendre à l’évidence.

« C’est confirmé à 99 %, il nous reste une option, soit si M. Legault décide d’appeler demain matin pour nous dire qu’il investit », laisse-t-il tomber, en avouant dans le même souffle ne pas croire au père Noël.

Il y a deux semaines, le ministère de l’Économie et de l’Innovation a refusé d’investir dans le projet. Or, c’était la dernière porte de sortie de la société pour garder la tête hors de l’eau et réaliser le projet.

Pendant ce temps, l’Apollo demeure amarré dans le port de Québec, où il se trouve depuis la fin de 2019, et le Groupe Océan veut récupérer son quai au plus tard au début de novembre afin de remplir d’autres contrats de réparation.

Se débarrasser

Ces jours-ci, l’objectif de la Société Apollo est véritablement de réussir à trouver un acheteur. Elle veut « essayer de se débarrasser » du bateau et ensuite elle décidera de son propre sort.

Des trois recycleurs possibles, l’un d’eux a examiné le bateau et a fait une proposition, assortie de conditions évidemment. Les offres des deux autres sont attendues. Jean-Yves Bouffard parle « d’acheteurs sérieux » en affaire à l’extérieur du Québec.

« On est en train de le (l’Apollo) faire préparer pour qu’il soit remorquable. On prépare toutes nos affaires pour qu’il soit prêt à décoller », poursuit-il. Le Groupe Océan réalise ces travaux au coût de 25 000 $. Un architecte naval devra donner le feu vert à son déplacement possible.

« Si on n’a pas d’acheteur pour l’Apollo, le dossier n’est pas clos. Ça prend un acheteur pour sortir le bateau », souligne-t-il en rappelant que des frais de quaiage de 7 500 $ par jour doivent être payés.

De l’argent englouti

Rappelons que la Société des traversiers du Québec avait accepté, en septembre 2019, de transférer le vieux navire à la Société Apollo et de lui verser un montant d’un peu plus de 2 M$, soit ce qu’elle aurait pu devoir payer à un recycleur pour le démanteler.

Un contrat a ensuite été signé avec le Groupe Océan pour préparer le bateau en vue de son sabordage à Godbout. Or, à peine 30 % des travaux ont été réalisés au coût de 1,7 M$ puisque la découverte d’amiante a fait exploser la facture et la Société Apollo n’avait plus les fonds pour faire face à la musique.

Aujourd’hui, le président affirme qu’il reste autour de 180 000 $ dans les coffres de l’organisme. « On n’est pas en faillite », assure-t-il, quoique l’avenir n’est pas rose non plus.

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