Innu Nikamu soufflera 35 bougies cette année

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Par Jean-Christophe Beaulieu
Innu Nikamu soufflera 35 bougies cette année
Le groupe Maten de Uashat mak Mani-utenam fait partie de la programmation de la 35e édition du festival Innu Nikamu. Il se produira le 4 août. (Photo : Facebook - Maten )

Le festival Innu Nikamu a assurément évolué et changé de visage au cours de ses 35 années d’existence. Une chose est demeurée la même toutefois: la volonté de rassembler les gens.

C’est en 1984 qu’a lieu la première édition du festival Innu Nikamu, aux abords de la rivière Moisie. L’année suivante, l’évènement se déplaçait sur le site de l’ancien pensionnat Notre-Dame, où il a toujours lieu aujourd’hui. Après toutes ces années, le mot-clé est toujours «rassemblement», selon le directeur de la programmation, Kevin Bacon Hervieux.

«Autrefois, traditionnellement, les Innus remontaient sur le territoire en automne, passaient l’hiver là à chasser et revenaient sur la côte à l’été et se rassemblaient. Le festival se veut comme le reflet de ces traditions, un festival de musique teinté de cet esprit de rassemblement, d’échange et de respect», a-t-il fait valoir.

Peu de gens savent toutefois que la grande fête n’a jamais eu la certitude de revenir année après année, comme l’indique M. Bacon Hervieux, qui a signé Innu Nikamu: chanter la résistance, qui a récemment remporté l’Iris du meilleur film documentaire lors du dernier Gala Cinéma Québec.

«En ayant fait le film sur le festival, j’ai pu vivre les jeunes années de l’évènement via les archives. Il a beaucoup évolué. Au tout début, ce n’était pas un projet qui était censé revenir à chaque année. Mais les gens se le sont approprié, autant les festivaliers que les artistes.»

Combat pour la survie

Bien que l’évènement soit passé d’une fête de village à un festival de grande envergure, son plus gros défi demeure encore aujourd’hui sa survie.

«Le festival a toujours plus survécu que vécu. Ça a toujours été difficile de convaincre les différents ministères de contribuer. On a du faire un gros travail de ce côté, se démener pendant plusieurs années et on commençait tous, Réginald Vollant le premier, à ne plus avoir d’énergie», raconte-t-il. Rappelons que M. Vollant, décédé l’an dernier, était le directeur du festival depuis 2011.

Le jeune réalisateur mentionne toutefois qu’il semble y avoir un éveil de la part du gouvernement québécois depuis quelque temps, soit «la réalisation qu’on a besoin de ressources pour se développer et s’épanouir, économiquement, socialement et culturellement».

Un impact positif

Le rapport faisant suite à la vague de suicides dans la communauté mentionne d’ailleurs Innu Nikamu comme étant un projet qui a permis de calmer cette crise. Kevin Bacon Hervieux voit aussi très bien l’impact positif de l’évènement sur les gens.

«Je le vois concrètement sur le terrain en voyant les grands-parents et les petits être ensemble et s’amuser», quelque chose qui manque, selon lui, dans une époque plus individualiste. «C’est intergénérationnel et c’est entre autres pour cette raison qu’il n’y a pas d’alcool sur le site».

Le festival Innu Nikamu se déroulera du 1er au 4 août prochain. Plusieurs artistes autochtones et québécois se succèderont pendant quatre jours à Mani-utenam. En nouveauté cette année : l’ajout d’une deuxième scène au centre du village.

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