Douze jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes: Une mobilisation nécessaire en période d’austérité

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Par Éditions Nordiques
Douze jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes: Une mobilisation nécessaire en période d’austérité

En période d’austérité, les 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes qui se poursuivent jusqu’au 6 décembre représentent un moyen efficace pour les organismes communautaires de lancer un message clair au gouvernement au sujet des réformes qui ont pour effet selon eux, de contribuer à l’augmentation des inégalités sur le plan économique entre les deux sexes et à alimenter un cycle de violence.

À Sept-Îles, le comité organisateur des 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes est composé de représentants d’À la Source, du Centre Femmes aux 4 vents, de La pointe du jour – CALACS Sept-Îles, du Centre d’hébergement Tipinuaikan, de Uauitshitun santé et services sociaux de 1ère ligne et de l’Association des femmes autochtones du Canada.

Par le biais de diverses activités de sensibilisation et d’interventions médiatiques, ces organismes iront à la rencontre des gens pour les sensibiliser aux impacts de la violence subie par plusieurs femmes.

«On sait que la violence est présente et qu’elle touche majoritairement les femmes. Le 6 décembre est aussi un triste jour puisqu’on souligne l’anniversaire de la tuerie de l’école Polytechnique qui s’est produite il y a 25 ans. Un crime haineux qui visait directement les femmes et qui a fait 14 victimes», souligne l’Agente en condition féminine du Centre Femmes aux 4 vents, Pamela Tanguay.

Par le fait qu’on en parle de plus en plus, la violence conjugale est maintenant reconnue comme un crime à part entière. Les instances policières étant mieux formées pour agir auprès des victimes.

«Les lois ont changé. Les policiers sont mieux formés pour agir. Malheureusement, Internet contribue à alimenter une certaine banalisation. On peut tous faire de quoi pour que ça change. On se doit d’être des citoyens responsables. Il faut dénoncer les gestes violents et les blagues sexistes. On ne peut rester les bras croisés», affirme la coordonnatrice-intervenante de La pointe du jour – CALACS Sept-Îles, Mélanie Martel.

En période d’austérité, les décisions prises par le gouvernement pour équilibrer son budget ont un impact direct sur le revenu des femmes. «Pour arriver à concilier travail-famille, beaucoup de femmes occupent encore aujourd’hui des emplois à temps partiel. En s’attaquant à la tarification unique pour les services de garde, cela fait en sorte que plusieurs femmes hésiteront à retourner sur le marché de l’emploi et à quitter un conjoint violent. Ça vient créer une plus grande dépendance sur le plan économique», affirme Mme Martel.

Des données préoccupantes
Au Québec, en 2012, des données fournies par les instances policières indiquent que 80 % des victimes de violence en contexte conjugal sont des femmes. Ce nombre augmente à 96 % pour les victimes d’agression sexuelle, à 97 % pour les victimes de séquestration, à 95 % pour les victimes d’enlèvement et à 93 % pour les victimes d’homicide conjugale. Des résultats qui tendent à démontrer que trois fois plus d’hommes que de femmes posent des gestes constituant un danger pour leur partenaire.

Dans l’ensemble du Canada, les femmes autochtones affichent un taux de violence plus élevé que leurs concitoyennes allochtones. Au cours des 30 dernières années, plus de 1186 femmes autochtones sont disparues ou ont été assassinées. Elles représentent 16 % des victimes de meurtre, alors qu’elles ne composent que 4 % de la population. Elles sont aussi plus nombreuses à craindre pour leur vie, en raison d’un taux de violence familiale beaucoup plus élevé.

Informations générales
La plupart des activités proposées lors de ses 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes s’adressent autant aux hommes qu’aux femmes. Elles prendront fin par la tenue d’une vigile, le 6 décembre à compter de 17 h au Musée Shaputuan. Au même moment, les personnes qui ne pourront prendre part à l’événement sont invitées à allumer une chandelle blanche en signe d’appui à la cause.

Sur cette photo, on retrouve certains membres du comité organisateur des 12 jours pour l’élimination de la violence envers les femmes soit Germaine McKenzie de Uauitshitun-Services de première ligne, Pamela Tanguay du Centre Femmes aux 4 Vents, Mélanie Martel et Martine Michel de La pointe du jour – CALACS Sept-Îles. (Photo : Monique Brazeau)

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