Culture du viol : des préjugés et des mythes restent à déconstruire

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Par Éditions Nordiques
Culture du viol : des préjugés et des mythes restent à déconstruire
L’équipe de la pointe du jour*CALACS Sept-Îles est composée de trois coordonnatrices-intervenantes soit Isabelle Giroux, Mélanie Martel et Martine Girard (absente sur la photo).

À l’occasion de la 38e Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, le 20 septembre, le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) en a profité pour lancer un dépliant autour des préjugés et mythes à cet effet qui a été distribué par l’équipe de Pointe du jour*CALACS au Cégep de Sept-Îles et ailleurs. Elle réitère l’importance pour les victimes d’être crues et entendues.  

Éric Martin

Coordonnatrice-intervenante au Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles, Mélanie Martel constate que ces mythes et préjugés sont toujours favorables aux agresseurs.

« On jette le blâme sur la victime à tort. Quand je fais empreinte auprès des jeunes, j’en entends certains me dire qu’elle est menteuse, qu’elle veut attirer l’attention, qu’elle avait bu. C’est un très gros irritant », déplore-t-elle vivement.

Même si les stéréotypes de genre sont moins tenaces, il semble bien qu’ils aient une réelle incidence chez les parents dans la manière d’éduquer leur enfant. « Quand je demande aux jeunes qui avaient peur de marcher seul le soir ou la nuit, ce sont les filles qui sont craintives et non les gars », avance-t-elle. « Le consentement sexuel est aussi important pour les gars que pour les filles. »

Le programme Empreinte qui s’adresse aux jeunes de 2e et 3e secondaire comporte des outils à cet égard. C’est-à-dire des capsules vidéos qui leur sont adressées et transmises par l’établissement scolaire si le jeune y participe.

Un contexte défavorable

Parmi ces problématiques engendrées par l’inégalité des sexes, on retrouve la cyber intimidation qui demeure une problématique importante.

« Les filles ou femmes en sont très souvent victimes. Les gars doivent être élevés pour respecter les filles. Aujourd’hui, des photos intimes sont partagées sans leur consentement, souvent suite à une séparation douloureuse », dénonce celle qui souligne que 5% seulement des victimes d’une agression à caractère sexuel déposent officiellement une plainte à la police.

Il faut dire que les victimes hésitent longtemps avant de dénoncer et que les agresseurs en profitent parfois lorsque celles-ci se retrouvent en situation de vulnérabilité.

« Les femmes avec une déficience intellectuelle sont six fois plus à risque. Il en va de même pour les femmes autochtones », précise Mme Martel. « Un des mythes est celui que la femme ne devrait pas marcher dans la rue seul le soir. C’est ce qui a mené à la naissance de cette journée d’action contre la violence faite aux femmes ».

En moyenne, les femmes qui ont recours aux services du CALACS peuvent prendre de cinq à sept ans avant d’en parler à leur entourage.

« La plupart des agressions sexuelles ne se déroulent pas dans un couple », souligne-t-elle. « C’est souvent un proche connu de la victime dans 97% des cas. Il y avait un lien de confiance. Ça découle d’un rapport de pouvoir malsain. »

Des alliés importants

Mme Martel réitère que ce combat pour l’égalité nécessite également la participation des hommes. « Ils n’ont pas à être craintifs. On veut qu’ils soient nos alliés dans cette lutte. On a besoin d’eux à nos côtés », renchérit-elle. « Ils font partie de la solution. C’est avant tout un message de prévention et ça n’a rien de sexiste bien au contraire. »

La plupart des enjeux soulevés dans cet article se retrouvent dans cette brochure que le RQCALACS a lancée lors de la Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes. Elle en porte le titre de son thème soit « Les défis, portons-les aussi! ». À Sept-Îles, une activité de sensibilisation s’est tenue au Cégep de Sept-Îles.

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