Cratère du Corossol: Découverte scientifique importante

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Par Éditions Nordiques
Cratère du Corossol: Découverte scientifique importante

Patrick Lajeunesse et Jacques Locat de l’Université Laval, Mathieu J. Duchesne, de la Commission géologique du Canada, Michael Higgins de l’Université du Québec à Chicoutimi, Joseph Ortiz de l’Université de Kent State et le professeur Guillaume St-Onge de l’Université du Québec à Rimouski, ont confirmé que le cratère de Corossol, situé à plus de 40 mètres de profondeur au large de Sept-Îles était de nature météoritique. Cette découverte a un impact important dans le monde scientifique.

La découverte a été faite à partir de trois missions océanographiques à bord du navire de recherches Coréalis 2, en 2005, 2006 et 2010. Celles-ci ont été financées par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. Plus tôt, en 2001, le Service hydrographique du Canada a observé la structure et a décidé d’en savoir plus. Des structures typiques de cratères météoritiques et des morceaux fondus ont été un premier indice. «Ça prend des températures très élevées pour réussir à faire fondre ces morceaux», précise Guillaume St-Onge.

Le cratère de 4 km de diamètre, qui est très bien préservé, a une protubérance centrale avec des anneaux concentriques. «Normalement, on retrouve ça sur des cratères beaucoup plus gros, d’une centaine de kilomètres de diamètre. On peut retrouver ça sur d’autres planètes telles que la Lune ou Mars», explique le professeur. Cette caractéristique des anneaux concentriques pour un aussi petit cratère était vraiment intrigante sur le plan scientifique. «Ça va permettre de faire avancer les connaissances sur les processus qui sont responsables de la formation des cratères», souligne-t-il.

Nouvelle internationale
Le seul élément qui reste à déterminer pour élucider le mystère du cratère de Corossol est de déterminer le type de roche avec lequel il s’est formé, ce qui permettra de dater le cratère. «Présentement, on évalue l’âge du cratère de Corossol de 470 millions d’années à 206 millions d’années», note-t-il. La prochaine étape consistera à forer afin de déterminer l’âge du cratère. À ce sujet, les scientifiques internationaux sont intéressés à connaître la composition de la structure du cratère. «Les courriels ont commencé à entrer, ça va prendre une campagne de forage internationale», dit-il.

En ce qui concerne le forage, le groupe de chercheurs devra faire appel à deux programmes internationaux et devra prouver la pertinence de leur projet. Le bateau nécessaire au forage coûtera 100 000$ par jour à opérer.

L’autre impact de cette découverte a permis de déterminer que le cratère de Corossol n’est pas associé à une grande coupe de froid dans l’hémisphère nord, survenue il y a 12 900 ans. «Il reste donc la théorie du ralentissement de la circulation océanique qui aurait pu créer cette coupe de froid», précise-t-il.
Le cratère de Corossol, tout comme l’une des sept îles dans la baie, tient son nom d’un navire de la flotte du Roi Louis XIV. Ce dernier s’est échoué au large de Sept-Îles en 1693.

Le cratère du Corossol et ses anneaux concentriques. (Photo : courtoisie – Université du Québec à Rimouski)

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