De plus en plus de diplômés chez les Premières Nations

Par Alexandre Caputo 11:30 AM - 09 octobre 2022 Initiative de journalisme local
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De plus en plus d’autochtones ont en poche un diplôme universitaire au Québec, au grand plaisir de communautés qui ressentent une croissance dans leur économie grâce à des travailleurs plus outillés et mieux payés.

Évidemment, il est dur de passer sous silence la période creuse qu’a causé la pandémie pour tous les secteurs de notre société. Il suffit cependant de regarder les années qui précédaient cette sombre époque pour remarquer que les statistiques sur la scolarisation chez les autochtones étaient en constante évolution.

Selon des études de 2022 fournies par le Ministère de l’Enseignement supérieur (M.E.S.), le nombre de diplômes et d’attestations décernés au niveau collégial est passé de 127 en 2016, à 167 en 2019, une hausse de 40 diplômés en trois ans.

Pour ce qui est du niveau universitaire, le nombre de finissants a bondi de 193 à 235 pour la même période, tout type de diplôme confondu, une hausse de 42.

Selon la professeure et chercheure spécialisée en autochtonisation des programmes scolaires pour l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Mme Joanie Desgagné, la progression du taux de diplômés passe entre autres par un changement de leur conception du système scolaire.

« Les autochtones ont longtemps perçu le système éducatif gouvernemental comme un moyen d’assimilation, et avec raison », explique d’entrée de jeu Mme Desgagné.

« En revanche, plusieurs initiatives ont été prises dans les dernières années pour aider à transformer ce sentiment en un sentiment d’affirmation. Ces initiatives font en sorte que les autochtones perçoivent de plus en plus l’école comme un moyen de s’émanciper et d’accéder à plus », poursuit-elle.

Les peuples autochtones souhaitent reprendre le contrôle complet de leur système d’éducation. Ce contrôle s’étendrait du financement jusqu’au type de pédagogie à prioriser dans les écoles.

Mme Desgagné estime que ce sont ces mêmes communautés qui sont les mieux placées pour comprendre leur réalité ainsi que leurs besoins. Toutefois, à son avis, il serait souhaitable que le pont entre les systèmes autochtones et urbains demeure présent, dans le but que les étudiants issus des premières nations soient prêts dans l’éventualité où ils iraient étudier hors communauté.

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