Décès d’un camionneur au chantier Micoua-Saguenay : la CNESST demande des chemins plus sécuritaires et une meilleure formation

Par Steeve Paradis 1:43 PM - 01 juin 2022
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La CNESST recommande que les conducteurs de camions de type tombereau sur les chantiers soient mieux formés, mieux encadrés et qu’ils aient une classe de permis de conduire différente que celle actuellement. Photo iStock

Une conception de route déficiente et une formation insuffisante des conducteurs de ce type d’engin sont en cause dans le décès de Martin Tremblay en juillet 2021, lui qui était aux commandes d’un camion-benne articulé sur le chantier de la ligne hydroélectrique Micoua-Saguenay.

C’est à cette conclusion qu’en arrive la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui rendait publiques ce mercredi les conclusions de son enquête sur cet accident de travail survenu sur le chantier d’Hydro-Québec, qui vise à ériger une nouvelle ligne de 735 kilovolts.

À l’emploi d’un sous-traitant de la société d’État, Hamel Construction, M. Tremblay conduisait un camion-benne articulé, de type tombereau, et transportait du gravier destiné à la construction d’un chemin d’accès entre le banc d’emprunt et le chemin de la Scierie des Outardes.

À son troisième chargement, le camion a fait une sortie de route, s’arrêtant au fond d’un fossé d’une profondeur de 8 mètres. Le travailleur a été éjecté de sa cabine, se blessant à la tête. Un autre conducteur a remarqué les traces quelques instants plus tard, apercevant ainsi son collègue blessé. Martin Tremblay a ensuite été transporté à l’hôpital de Baie-Comeau, où son décès a été constaté.

Après l’accident, la CNESST a demandé à Hamel Construction de ne plus utiliser le tombereau impliqué dans l’accident. Elle a aussi exigé d’Hydro-Québec qu’elle mette en place une signalisation adéquate et visible ainsi qu’une protection en bordure des fossés de plus de trois mètres.

Les deux entreprises se sont conformées aux exigences de la commission. À la suite de l’accident, Hydro-Québec a cessé l’utilisation de ce type de camion dans les secteurs en déboisement, souvent fortement accidentés.

Dans ses recommandations, la CNESST demande entre autres de faire appel à un ingénieur pour s’assurer d’une conception sécuritaire des chemins d’accès lors de travaux de déboisement, afin de respecter les normes établies par le ministère des Transports.

L’organisme souhaite également que les nouveaux conducteurs aient « les connaissances suffisantes pour conduire sécuritairement le véhicule qui leur est confié et qu’ils sont bien encadrés pour effectuer leurs tâches ».

D’ailleurs, sur ce dernier point, la CNESST considère qu’un permis de classe 5 est insuffisant pour la conduite de véhicules tombereau sur les chantiers.

La commission recommande donc à la Société de l’assurance automobile du Québec « de réévaluer la classe de permis exigée pour la conduite de ce véhicule-outil puisque son format nécessite des compétences et des connaissances particulières à la conduite d’un véhicule lourd ».

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