Des engins de pêche fantôme récupérés

Par Vincent Rioux-Berrouard 10:00 AM - 05 avril 2022
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Les engins fantômes regroupent des équipements de pêche comme des filets, des lignes à pêche et autres pièges à poissons qui ont été abandonnés ou perdus en mer explique le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe. Photo courtoisie

À l’automne 2021, le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe a mis en place un projet pour l’identification et la récupération d’engins de pêche perdus dans les eaux côtières de Sept-Îles.

La directrice générale de l’organisme, Sarah-Émilie Hébert-Marcoux, explique qu’il est important de retirer ces engins parce qu’ils continuent d’avoir une incidence sur le milieu marin.

« Ce que les pêcheurs nous expliquent c’est que les crabes continuent à aller dans les cages et meurent. Ils deviennent alors des appâts pour un autre qui restera pris à leur tour. C’est un cycle sans fin », souligne-t-elle.

De plus, Fernanda Romero, chargée de projets pour le Comité ZIP Côte-Nord du Golfe, indique que les engins fantômes sont une des principales sources de microplastique dans les océans.

Pour arriver à trouver les objets, Mme Romero explique qu’ils avaient différentes sources de renseignement. Ils ont eu accès à un registre de Pêches et Océans Canada qui répertorie les objets de pêches qui ont été perdus en mer. Par contre, Fernanda note qu’il n’est pas rare que les engins puissent bouger ce qui complique les recherches. Une autre source fut les pêcheurs locaux eux-mêmes qui connaissent les endroits où ils ont pu perdre une pièce de matériel.

Au total, 300 kg d’engins (casiers à crabes des neiges) incluant plus de 700 m de cordage ont été récupérés. La récupération se faisait avec l’aide d’un grappin.

Une fois les engins retirés du fond de l’eau, le Comité ZIP défaisait les objets en pièce. Ceux qui pouvaient être recyclés étaient envoyés au centre de tri et les matières très dégradées étaient envoyées au lieu d’enfouissement technique.

Projet-pilote

Bien que les résultats puissent sembler modestes en raison de la quantité d’objets retirés, le Comité ZIP explique que le projet a permis d’acquérir des connaissances si jamais un autre exercice de ce type avait lieu.

« On a pu constater qu’il est extrêmement difficile de trouver les objets de pêches. Donc, on est en réflexion suite à cette expérience pilote pour savoir ce que ça prendrait pour rendre le projet encore plus efficace », dit la directrice générale.

Les deux membres de l’équipe du Comité ZIP Côte-Nord du Golfe expliquent que l’utilisation d’outils technologiques comme des drones sous-marins pourrait permettre de récupérer encore plus d’engins fantômes.

Fernanda Romero explique qu’un autre projet de ce type pourrait être nécessaire parce qu’il y a encore beaucoup d’engins dans les eaux autour de l’archipel des Sept Îles.

Mme Hébert-Marcoux tient à souligner le fait que ce projet n’aurait pas pu voir le jour sans l’implication de nombreux partenaires. Elle cite Pêches et Océans Canada, le financier du projet grâce au Fonds pour les engins fantômes, qui a également épauler le Comité ZIP avec son expertise tout le long du projet.

Dans les autres partenaires, on retrouve les Pêcheries Shipek, l’Institut technologique de maintenance industrielle (ITMI) et le Créneau RSTM.

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