Rivière Moisie : les discussions se poursuivront entre Québec et les Innus

Par Emy-Jane Déry 12:00 AM - 23 juin 2017
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Les Innus et des représentants de Québec, dont les ministres Geoffrey Kelley et Luc Blanchette, se sont rencontrés dans un chalet aux abords de la rivière Moisie.

Une table de discussion permanente sur la question de la gestion de la Moisie a été créée à la suite de la rencontre entre les Innus et Québec, tenue jeudi dans un chalet aux abords de la rivière à saumon.

Les Innus sont ressortis «satisfaits» de leur rencontre avec le ministre responsable des Affaires autochtones Geoffrey Kelley et Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Les membres de la communauté de Uashat Mak Mani-Utenam ont actuellement accès à l’équivalent de seulement 4 kilomètres de la rivière Moisie pour y pêcher. Ils en réclament davantage et souhaitent prendre en charge la gestion de la rivière à saumon. Ils demandent aussi que le statut de réserve aquatique permanente lui soit accordé.

Depuis le début de la saison de pêche, les Innus se rendent pêcher sur la rivière Moisie dans les secteurs réservés exclusivement aux pourvoiries privées, afin de faire pression sur le gouvernement. La rencontre aura permis de calmer le jeu, mais les Innus entendent continuer d’y pêcher, particulièrement au camp Adams.

«On sent que ce sera un cas plus compliqué. Ce sont des gens riches, c’est comme un terrain de jeux pour eux. Je ne crois pas qu’ils ont envie de le vendre», a dit le vice-chef Jonathan St-Onge. Dans ce dossier, les Innus espèrent d’ailleurs avoir l’appui des gens de Sept-Îles.

«Ce sont des Américains présentement là-bas, et nous, on va favoriser nos gens d’ici pour les accès aux pourvoiries c’est sûr», a avancé M. St-Onge.

Code de conduite

Une première rencontre de la table de discussion permanente est prévue dans deux semaines. Un objectif d’échéancier sur l’avancement des dossiers y sera notamment établi.

«On va travailler pour arriver à une bonne entente», a dit M. St-Onge, confiant.

Pendant ce temps, les Innus travaillent à compléter un «code de conduite pour la pêche autochtone». Des consultations sont en cours dans la communauté pour définir ce code, qui leur servirait de modèle pour éventuellement faire la gestion de la rivière.

«Nous avons consulté les aînés et un questionnaire circule dans la communauté à ce propos», a dit le vice-chef.

Les Innus espèrent pouvoir en venir à une entente avant la fin de la présente saison de pêche.

 

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