Les Innus pêchent au Club Adams

Par Emy-Jane Déry 12:00 AM - 12 juin 2017
Temps de lecture :

Les Innus de Uashat mak Mani-Utenam ont pêché le saumon dans les limites du Club Adams, samedi, afin de réitérer leur désir de reprendre le contrôle de la rivière et d’y avoir accès sans limites. Ils comptent recommencer, tant qu’ils n’auront pas été entendus par le gouvernement.

«Nous avons capturé un saumon et nous l’avons mangé. On compte le refaire si le gouvernement ne nous donne pas suite d’ici mercredi», a dit Jonathan St-Onge, vice-chef du conseil d’ITUM. Les Innus n’écartent pas la possibilité d’aller pêcher également sur la pourvoirie Nipissis.

Ils souhaitent que leurs droits ancestraux soient entièrement reconnus sur le cours d’eau. ITUM a fait une sortie publique en mai, pour annoncer qu’il souhaitait devenir gestionnaire de la rivière et avoir accès aux pourvoiries, dont le camp américain, le Club Adams.

Les membres d’ITUM peuvent actuellement faire une «pêche d’alimentation» de l’embouchure de la Moisie à la fosse Winthrop-Campbell. La rivière Moisie compte quatre pourvoiries privées en plus du camp Adams, qui bénéficient d’ententes négociées avec le gouvernement du Québec. «On veut que le gouvernement rachète ce qu’il a vendu et redonne la rivière aux Innus», a dit M. St-Onge.

Ce dernier a indiqué avoir reçu jusqu’ici seulement un accusé réception de la part de Québec. Dans une déclaration datée du 12 juin, ITUM demande à Québec de «retirer les droits de propriété ou d’usage exclusif des rivières à des clubs privés», pour qu’ils leur soient ensuite rendus. Le conseil réclame également que le statut permanent de réserve aquatique soit accordé à la rivière à saumon.

ITUM y rappelle qu’il possède des droits ancestraux et des droits issus de traités qui sont préexistants et qui «n’ont jamais été cédés ni éteints».

Pour les générations futures
Le conseil explique vouloir maintenir les moyens de subsistance que lui procure le saumon de la rivière Moisie pour ses générations futures. Pour ce faire, les Innus disent vouloir exercer leur droit de gestion de la ressource selon leurs pratiques traditionnelles ancestrales qui «respectent la préservation du utshashumek (saumon) la rivière et de son habitat», peut-on lire dans la déclaration.

C’est l’Association de protection de la rivière Moisie (APRM) qui est présentement le délégataire de la ZEC de la rivière. Le conseil s’était déjà dit ouvert à un modèle de «cogestion» avec l’organisation.

Partager cet article