Kathy Beaudin: Une résilience hors du commun

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 26 avril 2017
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Grâce à une greffe du cœur en 2014, Kathy Beaudin peut continuer à mordre dans la vie.

La 20e Semaine nationale du don d’organes et de tissus bat son plein jusqu’au 29 avril. Greffée du cœur en août 2014, Kathy Beaudin en profite pour faire part de son expérience personnelle. Même dans l’adversité, la Portcartoise admet n’avoir jamais songé à baisser les bras.

À compter de novembre 2009, l’état de santé de Kathy Beaudin s’est détérioré. L’année suivante, elle recevait un diagnostic de cardiomyopathie dilatée. C’est-à-dire que les cavités cardiaques de son cœur étaient dilatées, ce qui diminuait de façon significative la capacité du muscle cardiaque à assurer sa fonction de «pompe». Une situation pouvant conduire à une insuffisance cardiaque, voire la mort subite, qui l’a amenée à cesser de travailler pour se concentrer sur sa guérison.

En 2012, le nom de la Portcartoise s’est retrouvé sur la liste de Transplant Québec pour un don d’organes et de tissus. «Si on m’avait dit il y a 15 ans que j’allais être transplantée, je n’y aurais pas cru. J’ai deux filles et un conjoint. Je ne voulais surtout pas les abandonner. Je voulais plus que tout être à leur côté le plus longtemps possible. Seule avec moi-même à plusieurs moments, j’ai compris bien des choses. J’ai découvert la résilience», lance-t-elle.

Au début 2014, elle s’est retrouvée hospitalisée jusqu’au moment de sa greffe. Elle a séjourné plus de dix mois en milieu hospitalier. «Dès le départ, je me suis sentie bien prise en charge. Les différentes équipes médicales que j’ai côtoyées m’ont très bien épaulée dans cette épreuve, souligne-t-elle. L’opération s’est très bien déroulée. L’organe n’a pas été rejeté.»

Un casse-tête financier

À tout moment pendant ces cinq années, de nombreux déplacements ont été requis à l’extérieur de la région pour des suivis médicaux. Une situation qui s’accompagne de nombreux déboursés. «Il est vrai que l’argent peut parfois être un frein à la guérison, enchaîne-t-elle. C’est là que ça devient problématique. Pour certains, il faut trouver un moyen de transport pour se rendre dans les grands centres. Ça devient un véritable casse-tête. »

Dès le départ, Kathy Beaudin n’a pas hésité à chercher de l’aide, à consulter. «On ne comprend pas toujours ce qui nous arrive au début. On peut se sentir à tort coupable. Le fait d’être mieux informé m’a rassurée. Ça m’a permis de faire face à la situation. Je ne voulais surtout pas déprimer et épuiser mon entourage. J’avais besoin de les avoir à mes côtés, confie-t-elle. J’étais consciente que ça pouvait devenir lourd et je me suis assurée de ne pas en arriver là.»

Elle en profite au passage pour lever son chapeau à Lucien Dallaire, le fondateur maintenant décédé de l’organisme «Greffe-toi à nous», qui offre un soutien moral et financier aux personnes greffées. «C’est une aide précieuse qui est ici fournie aux greffés. Ça leur permet de se concentrer sur la guérison. J’en ai bénéficié pour le transport. Ça m’a enlevé un poids immense de sur les épaules», avance-t-elle.

Une importante lueur d’espoir

Même si elle conserve encore certaines séquelles de cette intervention, Kathy Beaudin arrive à maintenir un mode de vie actif. «Aujourd’hui, je peux continuer à faire de l’aquaforme, du curling et même marcher. J’y vais à mon rythme. Je suis la preuve vivante que l’on peut s’en sortir», tient à préciser celle qui reconnaît plus que quiconque l’importance du don d’organes et de tissus.

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