Le Plan Nord, juste pour les hommes?

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 20 octobre 2016
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Sylvie Ostigny, Micheline Anctil et Kathy Lévesque ont présenté le mémoire sur les femmes nord-côtières et le développement nordique.

(Le Manic) Sexisme, discrimination, harcèlement, horaires mal adaptés, prostitution. Décidément, le développement du Nord, et particulièrement la pratique du fly in fly out, n’a pas été pensé pour les femmes, à la lecture du mémoire sur les femmes nord-côtières et le développement nordique.

Par Steeve Paradis 

Ce mémoire a été présenté à la Commission régionale femmes, créé en 2006, qui vise l’amélioration des conditions de vie des Nord-Côtières. Et ces conditions de vie se dégraderaient pour les femmes qui sont touchées, de près ou de loin, par les grands chantiers. Pas nécessairement besoin d’y travailler pour être affectée.

«Le Plan Nord, c’est pas juste pour les hommes, mais ça creuse les inégalités entre les hommes et les femmes », déclare la coordonnatrice du Regroupement des femmes de la Côte-Nord, Sylvie Ostigny. « On (les femmes) veut aussi en tirer des profits.»

La Commission femmes entend maintenant faire pression sur le gouvernement pour la mise en œuvre des 20 recommandations émanant du mémoire. Ces recommandations vont, entre autres, d’un recours minimisé au fly in fly out lorsqu’il y a une ville près du site d’exploitation à l’importance de mener des études supplémentaires sur ce phénomène, en passant par des services d’aide aux employés et leurs familles pour réduire les difficultés d’adaptation.

Sylvie Ostigny estime que Québec est déjà sensibilisé aux effets négatifs du fly in fly out, ou navettage. Le gouvernement écrit d’ailleurs dans son plan d’action 2015-2020 pour le Plan Nord que le développement nordique risque d’accroitre les inégalités entre les hommes et les femmes et entre les autochtones et les non-autochtones.

«S’il écrit ça, c’est qu’il en a conscience. Maintenant, je vais dire au gouvernement : «Qu’est-ce que tu fais avec ça». On n’est pas contre le développement durable, il faut le faire intelligemment», enchaine-t-elle.

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