Mine Arnaud: La Chambre de commerce s’impatiente 

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 28 septembre 2016
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Katie Roy de Au petit chaperon rouge et Guillaume De Champlain de Michaud Volkswagen entourent le directeur général de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Paul Lavoie.

À l’heure où l’économie régionale tourne au ralenti, la Chambre de commerce de Sept-Îles critique Investissement Québec, principal actionnaire de Mine Arnaud, et lui réclame d’accélérer ses démarches pour le démarrage du projet de 850 millions $.

Au lendemain de l’annonce de la décision de Yara International ASA, seul partenaire de l’État, de réinvestir dans Mine Arnaud, la Chambre de commerce a fait une démonstration de force mercredi. «On pense qu’Investissement Québec jusqu’à maintenant, fait preuve de laxisme dans le dossier de Mine Arnaud», a affirmé le vice-président, Steeve Chapados.

«On pense qu’ils (Investissement Québec) sont capables de mener à terme le dossier, ils ont les ressources et les compétences pour le faire, mais ils doivent démontrer plus de sérieux», a ajouté le porte-parole du dossier Mine Arnaud, sous les applaudissements d’une centaine de leurs membres, réunis pour le point de presse, brandissant des pancartes «Go Mine Arnaud».

Selon l’organisation, «une fenêtre d’opportunité très, très positive» notamment avec le retour de Yara et Investissement Québec n’a d’autres choix que de la saisir. «En décembre, on pleurait la perte d’un projet porteur, on ne veut pas d’un autre FerroQuébec», a lancé M. Chapados. «Ça nous prend un plan d’action clair, incluant un échéancier accéléré».

Meilleure communication

La Chambre rappelle que la société d’État avait promis, au moment où Yara a suspendu ses investissements à l’automne 2015, de venir à la rencontre ses membres et de mettre en place un plan de communication avec la communauté, deux promesses qui n’ont toujours pas été tenues, a dénoncé l’organisme. «Il faut établir de façon urgente, un canal de communication avec eux», a soutenu le vice-président.

«Il y a de l’information additionnelle qui pourrait nous être transmise pour nous sécuriser davantage au niveau des prochaines étapes», cite-t-il. «Investissement Québec pilote le dossier, mais ils sont complètement isolés dans le cockpit. Nous sommes en pleine turbulence économique et nous, les passagers, on n’a aucune idée sur la destination et la durée du trajet, c’est inacceptable».

Du travail «dans l’ombre»

Pour sa part, Investissement Québec se défend de faire cheminer Mine Arnaud «le plus rapidement (qu’elle) peut». «On comprend que la communauté économique de Sept-Îles veut que le projet démarre bientôt et nous aussi on le veut, mais on ne peut pas aller plus vite que les investisseurs», a soulevé la porte-parole de la société d’État, Chantal Corbeil.

Mme Corbeil rappelle également que «beaucoup» a été fait «dans l’ombre» dans la dernière année, notamment pour réduire la facture de son projet et pour dénicher des acheteurs et des investisseurs. «Ce sont des discussions qu’on ne peut dévoiler», explique-t-elle. «Avec le retour de Yara, chaque fois qu’on aura des nouvelles, on va les communiquer».

Des représentants de la société d’État doivent aussi se rendre à Sept-Îles en novembre et promettent de rencontrer la communauté socio-économique.

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