Matane-Baie-Comeau-Godbout : La glace rend les traversées difficiles

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 07 janvier 2014
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Avec les froids intenses des dernières semaines, qui ont occasionné des conditions de navigation difficiles, notamment la présence de kilomètres de glace sur le fleuve St-Laurent, la traverse de Matane-Baie-Comeau-Godbout, assurée par le Camille-Marcoux, a vécu plusieurs soubresauts.

Par Julie-Andrée Verville

Les derniers jours ont donné du fil à retordre à la traverse. Les passagers qui prenaient place à bord du navire, le 31 décembre en soirée, ont été les premiers à subir les effets des glaces sur le fleuve Saint-Laurent dans ce secteur, alors que la traversée a duré plusieurs heures de plus qu’à l’habitude.

«Il y a eu des problématiques avant, mais le 31 décembre a été l’événement le plus populaire, puisque les gens ont sauté l’année à bord du navire. Depuis ce temps, plusieurs traversées ont été suspendues ou ont duré plus longtemps», explique le vice-président à l’exploitation à la Société des traversiers du Québec (STQ), François Bertrand.

D’après ce dernier, les hivers précédents ont été plus cléments. «On vit une année où les conditions hivernales sont féroces. On a des gels intenses et l’hiver a commencé plus tôt qu’à l’habitude. On voit rarement des glaces aussi tôt et celles-ci amènent des conditions difficiles, surtout dans les ports situés sur le littoral sud du Saint-Laurent, où des vents dominants du nord poussent le long de la rive», indique-t-il.

Affronter la glace
Même si le Camille-Marcoux était conçu pour progresser dans la glace, il aurait ses limites. «Quand les conditions sont sévères, on a besoin de brise-glaces, même eux peuvent rester pris parfois», précise François Bertrand. Le nouveau navire qui remplacera le Camille-Marcoux, le F.-A.-Gauthier, devrait avoir une meilleure performance dans les glaces, avec une propulsion bonifiée, mais selon M. Bertrand, les brise-glaces seront toujours nécessaires pour assurer une navigation fiable sur le fleuve Saint-Laurent.

À ce titre, la traverse de Matane-Baie-Comeau-Godbout n’est pas la seule à avoir des difficultés à l’heure actuelle. Au moment d’aller sous presse, les traversiers qui effectuent le lien entre Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola étaient à quai depuis jeudi soir, notamment en raison d’un embâcle sur le lac St-Pierre. Du côté de la traverse de Québec-Lévis, des problèmes de navigation étaient aussi vécus depuis les deux dernières semaines.

Un brise-glace des Maritimes devait venir en renfort dans le secteur de Matane et de Rimouski au début de la semaine, puisque ceux de la Garde côtière canadienne étaient déjà mobilisés à plusieurs endroits au Québec pour effectuer le déglaçage de voie de navigation et l’escorte de navire dans les glaces.

La STQ ne peut pas prédire si la situation s’améliorera sur le fleuve Saint-Laurent, étant tributaire des vents. «Si les vents sont favorables et sont dans le bon sens, ça sera plus facile de naviguer. On se croise les doigts. On remercie les utilisateurs pour leur compréhension face à la situation, sachant qu’il y en a qui ont dû faire le tour par Québec. C’est bien malgré nous», conclut le vice-président à l’exploitation.

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