Orphelins: Jouer avec la peur de l’inconnu

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 21 octobre 2013
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Traduit par Fanny Britt, la pièce Orphelins qui sera présentée à la Salle Jean-Marc-Dion le 22 octobre à 20h et le 23 octobre à 20h au Centre des arts de Baie-Comeau est l’adaptation d’un texte de Dennis Kelly. Dans une mise en scène de Maxime Denommée, cette pièce met en vedette Steve Laplante, Étienne Pilon et Évelyne Rompré. Un suspense qui amène le public à s’interroger sur la peur parfois excessive qu’il nourrit de l’étranger.

Dans Orphelins, on suit l’histoire d’un couple qui s’offre un souper d’amoureux à la maison. Un moment qui sera interrompu par l’arrivée du jeune frère d’Helen, Liam, qui se présente avec un chandail taché de sang. Très rapidement, il admet qu’il s’agit du sang d’un adolescent blessé qui gisait sur l’asphalte à quelques rues de là et qu’il a tenté d’aider. Plus le récit avance, plus sa version des faits deviendra de plus en plus confuse.

Reconnu du grand public à titre de comédiens, Maxime Denommée n’en est pas à sa première mise en scène d’un texte de Denis Kelly, car il s’était auparavant attaqué à une autre de ses créations soit «Après la fin». «C’est un auteur qui maîtrise très bien le rythme des dialogues, constate-t-il. Il propose un théâtre qui a une résonnance sociale. Il arrive à transposer une situation à un individu.»

Une intrigue soutenue
Lors de ses premières présentations au Théâtre la Licorne, certains critiques ont souligné la forte tension dramatique de cette pièce. «L’auteur a le don de soutenir une tension dramatique. C’est un suspense, une comédie à l’humour noir. Ça permet aux gens de rire et de se détendre. Le rire devient jaune. Les gens deviennent ensuite plus vulnérables et sont appelés à vivre plusieurs malaises», a-t-il déclaré.

Pour arriver à soutenir efficacement une telle tension dramatique, le metteur en scène doit tenir compte de certaines exigences dans son travail de mise en scène. «Le texte est comme une partition musicale. Il est important de respecter les temps de dialogue et les temps de silence. C’est un travail très technique. Il faut retenir le jeu des comédiens et faire en sorte qu’ils en donnent le moins possible. Il faut que le texte soit à l’avant-plan», a précisé celui que le grand public a pu découvrir dans la série «Aveux» alors qu’il interprétait le rôle principal.

Une série marquante
Dès la diffusion du premier épisode, la série «Aveux» a reçu d’excellentes critiques de la part des professionnels de l’industrie de la télévision. Pour plusieurs, cette série marquait un renouveau sur le plan de la fiction télévisuelle. «Cette série est un cadeau pour un comédien. Un auteur comme Serge Boucher, ça ne court pas les rues, affirme-t-il. Les personnages étaient complexes et profonds. C’est une série où il y a beaucoup de non-dits. Le plateau était aussi très imposant. Avec Claude Desrosiers, nous avions un très bon réalisateur. Il est comédien de métier. Il savait comment nous diriger. Il savait transmettre ses consignes, tout en nous laissant une certaine liberté.»

Au cours des prochains mois, il travaillera au conservatoire de théâtre de Montréal où il enseigne le cours de jeu et effectuera la mise en scène d’un spectacle avec des finissants à l’UQAM pour une de ses créations ayant pour titre «La longue haleine des chiens de roche». «Ce qui est extraordinaire, c’est que j’apprends autant d’eux. Ils sont l’avenir. Pour moi, il est très stimulant de côtoyer cette nouvelle génération. Ce sont les talents de demain», a lancé le comédien qui souhaite plus que jamais faire un retour au petit écran.

(Photo : Suzanne O’Neill)

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