La Minganie se mobilise pour l’autonomie du CSSS

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 06 juin 2013
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Après Port-Cartier, c’est au tour de Havre-Saint-Pierre de réclamer le maintien d’une gestion locale de son centre de santé. Quelque 300 personnes de tous les groupes d’âge ont manifesté hier devant l’établissement. Les sept villages possédant des dispensaires ont aussi pu compter sur une grande participation de leurs citoyens.

Les élus locaux dénoncent les compressions budgétaires effectuées par l’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord, qui ont été évaluées à 250 000$ pour 2012-2013. Des compressions de l’ordre de 245 000$ seraient même anticipées pour l’année 2013-2014. «Quand tu coupes les vivres, tu forces les gens à fusionner», a expliqué le maire de Havre-Saint-Pierre, Berchmans Boudreau.

Les propos du magistrat ont trouvé écho chez le président de l’Association des gens d’affaires de la Minganie (AGAM). «On coupe; je te laisse respirer, mais je te mets un sac à poubelle sur la tête et je l’attache. C’est certain que tu n’auras pas le choix de choisir la fusion», a lancé Théoharris Ganas.

Effets du Plan Nord
En plus des compressions budgétaires, le Centre de santé et des services sociaux de la Minganie (CSSS) doit jongler avec les effets engendrés par la mise en place du Plan Nord. Le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine aurait augmenté de 50% l’achalandage au CSSS. «Et ce, malgré le fait qu’il y ait un service médical situé sur le chantier», a précisé le président de la Conférence régionale des élus, Julien Boudreau.

Difficultés d’embauche
Les élus minganois craignent également que la Minganie aura de la difficulté à attirer des médecins dans la région, si l’établissement fusionne avec celui de Sept-Îles. «Qui aura le plus de facilité à attirer les médecins?», a questionné Julien Boudreault. Selon l’AGAM, la fusion entraînera fort probablement la dévitalisation de la Minganie. «Quelqu’un qui arrive de l’extérieur ne sera pas attiré par la Minganie si les services sont coupés. Il faut prévenir l’hémorragie maintenant», a ajouté M. Ganas.

Pas de fusions obligatoires
L’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord martèle qu’il n’y aura pas de fusions forcées. «On va respecter les décisions des conseils d’administration en ce sens-là. Les citoyens de Port-Cartier ont refusé la fusion, ceux de la Minganie aussi, et on respecte ça», a insisté la chef des communications, Sandra Morin. La première ministre du Québec, Pauline Marois, avait tenu le même discours lors de son passage à Sept-Îles, en mai.

Texte: Dominique Séguin
Photo: Charlotte Cormier

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