Équilibre budgétaire : Le CSSS de la Minganie n’écarte pas la fusion

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 28 mai 2013
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Jeudi, la directrice générale du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de la Minganie, Danièle Limoges, et le président du conseil d’administration, Carold Boies, s’adressaient de nouveau à la population pour rappeler les enjeux liés aux compressions budgétaires auxquelles fait actuellement face l’établissement. Pour revenir à l’équilibre budgétaire, ces intervenants n’écartent pas le risque de fusion de services de gestion.

«S’il y a un message à retenir, c’est que le conseil d’administration est confronté actuellement à réfléchir sur une possible délégation de la gestion complète du Centre de santé de la Minganie au Centre hospitalier de Sept-Îles. Au sein du conseil d’administration, c’est l’enjeu majeur qui se vit actuellement à cause du manque d’argent disponible», a précisé Mme Limoges.

Orientation ministérielle
Selon l’établissement de la Minganie, l’orientation du ministère de la Santé est de créer un pôle Est de santé, en fusionnant les hôpitaux de Sept-Îles, Blanc-Sablon, Port-Cartier, Fermont et la Minganie. Le CSSS de Sept-Îles a d’ailleurs fait valoir jeudi, ses intentions de se regrouper avec les centres de la Basse-Côte-Nord et celui de Port-Cartier.

«Confronté avec l’orientation ministérielle, associée aux importantes coupures d’environ 700 000$ imputées au budget net du CSSS de la Minganie au cours des dernières années, aux impacts du Plan Nord estimés à 343 000$ et à la non-indexation des coûts obligatoires liés à l’alourdissement de la clientèle en soins de longue durée, le conseil d’administration envisage maintenant la fusion souhaitée par le ministère.

La fusion est non obligatoire, mais par contre, il y a eu tellement de coupures budgétaires que cela devient quasi inévitable. La décision n’est pas encore prise, mais cette option demeure l’une des principales préoccupations du conseil d’administration», a-t-elle énoncé.

Avenir de la gestion locale
Comme l’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord n’a pas reconnu le besoin de budget supplémentaire exprimé par le CSSS de la Minganie pour atteindre son équilibre budgétaire, le conseil d’administration cherche les moyens de ne pas réduire les services directs aux bénéficiaires. «Le conseil d’établissement doit prendre les décisions : est-ce qu’on coupe les services directs à la clientèle ou qu’on coupe encore dans l’administration? Confrontée à une telle situation, c’est clair que l’administration écopera», a admis Mme Limoges.

Par administration, la direction du centre de santé sous-entend certains postes de gestion, dont ceux attitrés principalement à la direction générale, à la direction des ressources humaines ainsi qu’à la direction des ressources techniques référant entre autres à l’entretien ou au développement en matière de bâtiments.

Avec l’abandon de tels postes localement, cela signifie concrètement que les décisions en matière de gestion seront prises à Sept-Îles pour chacun de ces volets. «Avec une telle gestion à distance, c’est tout comme confier les clés du CSSS de la Minganie au Centre de santé de Sept-Îles», a fait remarquer Mme Limoges.

Qualité des services directs aux bénéficiaires
«Les membres du conseil d’administration sont très inquiets et ne favorisent vraiment pas la fusion. Ils cherchent à conserver un droit de regard sur les décisions de gestion touchant le CSSS en Minganie pour ainsi conserver en Minganie les divers services utiles à la population. Si tout est basé ailleurs, s’il y a fusion, certains services qu’on offre actuellement risquent d’être réduits ou même coupés. Le CSSS de Minganie veut avoir son mot à dire quant aux choix à faire en lien avec l’offre de services aux bénéficiaires», a noté pour sa part, Carold Boies.

En attente de financement supplémentaire
«Jusqu’à maintenant, les membres du conseil d’administration ont pris les meilleures décisions possible pour essayer de maintenir les services malgré tout. Mais il y a des limites, après trois ans de coupures majeures, on risque de perdre la bataille pour une question d’argent», a reconnu Mme Limoges.

La directrice générale admet toutefois être en attente de nouvelles pour du financement supplémentaire. Elle espère toujours avoir l’appui politique nécessaire pour obtenir un tel financement.

Texte et photo: Charlotte Cormier

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