Loi 78 : Le bruit des casseroles gagne Sept-Îles

Par Fanny Lévesque 12:00 AM - 29 mai 2012
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Le mouvement de protestation entourant l’adoption de la loi 78, qui encadre notamment le droit de manifester au Québec, gagne du terrain dans les régions de la province. À Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre et même Natashquan, des citoyens sont descendus dans les rues, armés de casseroles, pour s’opposer aux manœuvres du gouvernement Charest, qui espérait mettre fin au conflit étudiant avec la mise en place d’une loi spéciale.

Le 22 mai, environ 80 Septiliens ont fait connaître pour une première fois leur mécontentement en tenant une marche symbolique sur le boulevard Laure. Il aura fallu moins d’une semaine pour que le mouvement prenne de l’ampleur à Sept-Îles. Samedi et dimanche, plus d’une centaine de citoyens ont récidivé en se rassemblant au parc du Vieux-Quai cette fois-ci, casseroles à la main.

«C’est la sauvagerie avec laquelle la loi 78 a été adoptée qui a initié le mouvement», s’est exprimé l’instigateur de la marche du 22 mai, le professeur à la retraite, Terry Kennedy. «Cette loi vient mettre en veilleuse plusieurs droits fondamentaux, je crois que les gens ne veulent plus de cette gangrène.»

Le regroupement de citoyens, qui utilise entre autres les médias sociaux pour inviter la population aux manifestations, a d’ailleurs tenu une troisième marche lundi. «On se rencontre en petite assemblée lors de l’événement et on décide pour le lendemain. Pour lundi, la démocratie a décidé qu’on se déplacerait de Place de Ville vers le palais de justice», a fait savoir M. Kennedy. Les rassemblements ont toujours lieu à 20h, comme ailleurs au Québec. «L’objectif est de tenir une activité du genre tous les jours, on ira selon la volonté du peuple.»

Mouvement provincial
Depuis plusieurs semaines, les Québécois sont des centaines de milliers à taper sur leur casserole pour dénoncer l’adoption de la loi 78 et la façon dont le gouvernement Charest a géré la crise étudiante, qui n’est toujours pas réglée après plus de 100 jours de conflit.

«Sept-Îles a voulu se joindre au reste du Québec, quand les chaudrons prennent la rue, ça veut aussi dire qu’un peuple se tient debout», a ajouté M. Kennedy. Dimanche, des rassemblements ont également eu lieu à Havre-Saint-Pierre et Natashquan.

Démarche pacifique
Les rassemblements se sont déroulés jusqu’à présent dans le calme et l’ordre sur la Côte-Nord. La Sûreté du Québec, qui a supervisé les manifestations, confirme que les organisateurs ont tout fait «selon les règles de l’art» et qu’aucun débordement n’avait été répertorié. Les marches n’ont pas été déclarées illégales.

«Le mot d’ordre c’est, apportes ta casserole et tape assez fort pour que le bruit se rende au parlement», a conclu M. Kennedy.

Pour sa part, le maire de Sept-Îles fait appel au civisme des manifestants. «C’est tout à fait légitime, c’est leur privilège de manifester contre la loi 78, tout ce que l’on souhaite, c’est que l’ordre public soit maintenu», a expliqué Serge Lévesque. Le caucus n’a pas discuté de l’adoption de la loi 78 jusqu’à présent et «ce n’était pas à l’ordre du jour des discussions» pour l’instant.

Terry Kennedy invite par ailleurs les élus à participer aux prochains rassemblements «pour le peuple.»

Photo: Optik 360

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