Steve Caron: combattre le destin

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 02 Décembre 2011
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Durant son secondaire, son professeur de musique refusait qu’il joue de la batterie, le gardant à la trompette. À la même époque, il visait une carrière de hockeyeur et la musique n’était qu’un passe-temps. À 18 ans, il subissait un grave accident qui aurait pu l’empêcher d’épouser son instrument de prédilection. Malgré tout, et grâce à sa détermination, Steve Caron tourne maintenant avec Radio Radio, après avoir accompagné Pierre Lapointe et Alexandre Désilets.

À 18 ans, c’est l’âge où l’on devient un adulte, aux yeux de la loi. C’est souvent à ce moment que l’on quitte le ménage familial pour son premier appartement, que l’on déménage dans une autre ville, que l’on vit ses premières expériences marquantes. Pour Steve Caron, ça été la fin du hockey et le début de sa carrière de batteur.

Comme si cette décision n’était pas déjà assez grande et importante, dans la même période, il se fait écraser par un autobus. Loin d’avoir de la rancœur envers cette période, il en parle comme d’un évènement décisif. Autant c’est son goût de jouer de la batterie qui l’aura aidé à se remettre de son accident, c’est cette même convalescence qui lui aura permis de se donner entièrement à son nouvel instrument. «Ça m’a permis de jouer juste du drum, de faire juste ça. Ça m’a permis d’aller étudier au Drummer’s Collective, à New York, avec les prestations de la SAAQ.»

Avant d’atteindre la majorité, Steve n’avait jamais touché à une batterie. Durant son adolescence, c’est plutôt à une trompette qu’il donnait vie. «Je n’étais pas le meilleur, mais les cours de Richard Savignac étaient tellement intéressants, je continuais. Même s’il n’a jamais voulu que je joue du drum, il a été bien important.» Plus tard, avant d’aller étudier officiellement son instrument, il a pris quelques cours privés, avec Marco Dionne et Magella Cormier.

Une rencontre qui change tout
Il y a plusieurs années, il rencontrait par hasard Alexandre Désilets, une rencontre importante. «Il voulait louer mon local de pratique pour un projet dans lequel j’ai finalement embarqué. Quand il a gagné Granby et qu’il a lancé sa carrière solo, je l’ai suivi», résume le batteur. Pendant six ans, il a accompagné l’auteur-compositeur-interprète, qui a remporté un succès d’estime.

Durant la même période, il accompagne également Amylie, une jeune auteure-compositeure-interprète récemment signée avec Audiogram… la même maison de disque que Pierre Lapointe. C’est ainsi qu’il a remplacé pour un vidéoclip le batteur habituel du populaire chanteur. Ça a cliqué et il l’a suivi d’abord pour une tournée en France… et pour le reste de la tournée. Jusqu’à ce que Pierre Lapointe ne décide de partir seul au piano.

Steve Caron

Steve Caron

Quelques mois plus tard, c’est le batteur de Karkwa, Stéphane Bergeron, qui le réfère à Radio Radio, alors qu’il ne peut plus les accompagner. Encore une fois, ça clique rapidement entre le Septilien et les Acadiens. Au point qu’on peut presque affirmer qu’il fait partie du groupe maintenant. D’autant plus que le beatmaker du groupe a décidé de laisser la scène pour se concentrer sur la production musicale, laissant encore plus de place et d’importance à Steve, sa batterie et ses ordinateurs. Il était d’ailleurs avec eux sur le tapis rouge de l’ADISQ.

«J’aimerais vraiment faire partie du groupe. Ils demandent parfois à la blague combien il faudrait me payer pour que je ne reparte pas avec Pierre Lapointe. J’ai l’impression de faire partie du groupe, ils m’intègrent vraiment, mais j’ai encore le statut de pigiste avec eux.» Mais Steve n’a pas à s’inquiéter, l’un des chanteurs du groupe, Gabriel Malenfant, a confirmé au Nord-Côtier qu’ils allaient garder Steve pour la prochaine tournée.

Sept-Îles
Parti de Sept-Îles en 1997, vers la vingtaine, il se montre dur envers la municipalité. «La Ville ne fait rien pour les jeunes en culture. Ça m’a frappé quand je suis passé du hockey à la musique, il n’y avait rien. Il manque de locaux et d’infrastructures. Ce n’est pas encouragé.» Il ajoute que si des endroits comme Petite-Vallée et les Îles-de-la-Madeleine ont pu devenir des destinations prisées, pourquoi pas Sept-Îles?

Malgré tout, c’est quand même avec un grand plaisir qu’il revient le 3 décembre prochain, avec Radio Radio. Revenir dans la région demeure spécial, et il est fier de montrer que ça se peut pour un Septilien de percer.

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