Photo d’archives du mois : Le bon docteur (première partie)

8:00 AM - 25 novembre 2023
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Le docteur Roland Bruno Marchildon (debout) s’apprête à donner les premiers soins à un travailleur blessé de la CMMK et à le faire évacuer, 7 août 1952. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Compagnie minière IOC (P21,2427-1). Photo John A. Rodriguez

Les plus âgés d’entre vous se souviendront peut-être du docteur Marchildon, qui pratiqua à Sept-Îles et à Port-Cartier dans les années 1950 et 1960. Ce médecin a soigné des milliers de travailleurs des compagnies minières Iron Ore et Québec-Cartier ainsi que leurs familles.

Issu d’une famille franco-ontarienne, Roland Bruno Marchildon fait ses premières marques en médecine à l’University of Western Ontario de London. En parallèle de ses études et de sa jeune carrière de médecin, la Deuxième Guerre mondiale bat son plein en Europe. Il s’enrôle alors dans les forces armées canadiennes. C’est en tant que capitaine qu’il est démobilisé en 1946. La même année, il est engagé par une compagnie qui s’affaire à bâtir un chemin de fer entre Mattawa, en Ontario et Témiscaming, au Québec. C’est sur ce chantier qu’il acquiert de l’expérience en chirurgie, soignant les multiples blessures des travailleurs, en plus de combattre des épidémies, dont la dysenterie qui se répand chez ses concitoyens en juillet 1949.

Après la complétion du chemin de fer, le docteur Marchildon s’aventure dans un autre projet industriel. Il est engagé en tant que médecin à Sept-Îles pour la compagnie CMMK (Cartier-McNamara-Mannix-Morrison-Knudsen). Entre 1950 et 1954, il soigne des milliers de patients. Il excelle en chirurgie. 

C’est à l’hôpital du Base Camp qu’il exécute diverses opérations et traite les multiples blessures et fractures des travailleurs de Sept-Îles. Entre avril 1951 et juin 1953, il réalise 38 appendicectomies, 15 amputations de doigts, de bras ou de jambes, opère 14 fractures ouvertes, exécute des hystérectomies et ovariectomies ainsi que 12 césariennes. Il ira jusqu’à sauver un bébé né prématurément pesant moins de 600 g. Le docteur Marchildon garde le poupon en incubateur pendant trois mois avant que celui-ci puisse vivre avec ses parents, les Savoie. Grâce à son expérience professionnelle, il agit en tant que coroner du district judiciaire de Mingan.

Pour en apprendre davantage sur l’histoire de ce médecin, venez consulter le fonds Louis-Ange Santerre (P27), le fonds de la Compagnie minière IOC (P21) et les journaux locaux aux Archives nationales à Sept-Îles.

Sources : Dossier de recherche sur le docteur Roland Bruno Marchildon, fonds Louis-Ange Santerre, Archives nationales à Sept-Îles (P27, S1, D18). Journal l’Avenir and Sept-Îles journal, 13 février 1954, vol. 2, no 15, p. 1.

Texte écrit par l’équipe des Archives nationales à Sept-Îles

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