Soignée loin de la maison, Claudette Renaud partage son parcours après 5 cancers

Par Marie-Eve Poulin 6:00 AM - 03 novembre 2022
Temps de lecture :

Résiliente après 5 cancers

Après avoir combattu cinq cancers, Claudette Renaud a l’habitude de recevoir ses soins à l’extérieur de la région.

En 2017, la dure réalité a encore frappé cette Septilienne, qui après avoir surmonté quatre cancers, apprend cette fois, devoir se battre contre le cancer du sein.

Opérée deux fois à Sept-Îles pour retirer la masse elle a ensuite dû faire des traitements de radiothérapie d’une durée d’environ six semaines à l’Hôtel Dieu de Québec.

Heureusement pour elle, son état de santé lui permettait tout de même de sortir après ses traitements et de profiter de son séjour à l’extérieur. Elle pouvait par exemple aller marcher dans le Vieux-Québec. Ce n’était pas le cas pour son premier cancer, où elle a passé neuf mois à l’hôpital de Québec.

Elle rapporte que la majorité des soins pour son cancer du sein ont été réalisés à Sept-Îles contrairement à d’autres cancers, pour lesquels elle a dû suivre une partie de sa chimiothérapie à l’extérieur.

« Il y a toute une équipe qui est là pour nous aider », dit-elle, en parlant des services offerts à Sept-Îles.
Elle affirme que l’aide de l’infirmière pivot était amplement suffisant pour elle, mais est consciente que d’autres personnes pourraient avoir besoin d’un peu plus d’accompagnement dans diverses étapes du processus.

C’est pourquoi elle est en accord avec la solution proposée par la PDG de la Fondation cancer du sein de permettre et mettre de l’avant l’entraide entre patients.

« Certains sont insécures, ils ne savent pas où aller, comment ils vont se rendre, mais moi je n’ai jamais eu de difficulté pour ça », dit-elle.

Étant une femme très positive, elle a bien vécu cette dernière épreuve, mais espère ne plus avoir à repasser par là. « Je suis 100 % positive, je ne m’arrête pas avec ça. Après cinq, je commence à être tannée, mais je ne me laisse pas aller. Je me bats jusqu’à la fin », dit-elle avec force et espoir.

Une réalité différente

Une dame de 91 ans raconte que sa réalité est bien différente, en raison de l’âge qu’elle avait au moment de ses traitements. Elle a commencé ses traitements à l’âge de 72 ans. Ses enfants rendus adultes et la possibilité d’avoir son mari à ses côtés ont facilité cette dure épreuve. Il pouvait l’aider, l’encourager et rester près d’elle.

Lors de son séjour à l’Hôtel Dieu de Québec, elle a fait la connaissance de jeunes mamans qui vivaient une réalité tout autre, où les enfants et le conjoint ne pouvaient être aussi présents. « Avoir eu leur âge, j’aurais sûrement aimé que mes soins soient à Sept-Îles pour être près de mes enfants », dit-elle.

Quels services sur la Côte-Nord ?

Une personne atteinte du cancer du sein peut obtenir une partie de ses soins dans les établissements de la Côte-Nord, mais elle n’échappera pas à de nombreux déplacements à l’extérieur de la région. Parfois, les patients devront aussi attendre la visite des spécialistes dans leur région.

Les services de mammographie de dépistage et de diagnostic sont offerts à Sept-Îles et Baie-Comeau. Cependant, Pascal Paradis du CISSS de la Côte-Nord explique que pour les secteurs éloignés du territoire (comme Basse-Côte-Nord et Fermont), la mammographie de dépistage est offerte via des unités mobiles, à certains moments de l’année.

Lorsqu’une personne reçoit un résultat anormal, lors d’une mammographie de dépistage, elle est dirigée vers le centre de référence pour investigation désigné (CRID), soit à Sept-Îles ou Baie-Comeau, pour faire des analyses supplémentaires tels que d’autres clichés par mammographie ou des échographies mammaires.

Les services en hémato-oncologie (les spécialistes des maladies du sang et des cancers) sont offerts dans la région, mais M. Paradis précise que « pour le secteur Haute-Côte-Nord–Manicouagan, les hémato-oncologues du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean se déplacent régulièrement à l’Hôpital Le Royer de Baie-Comeau pour des cliniques ».

« Pour l’est du territoire, certains spécialistes prennent en charge l’oncologie (par exemple, certains chirurgiens généraux) et une autre portion de l’offre de services est assurée en soutien avec des hémato-oncologues du CHU de Québec », ajoute-t-il.

À Baie-Comeau, une infirmière assure le suivi et la prise en charge des patients, suite aux examens complémentaires. Du côté de Sept-Îles, ce sont les radio-logistes qui assurent le suivi. Le chirurgien s’occupe ensuite de la prise en charge, lorsqu’un cancer est diagnostiqué.

Sur l’ensemble du territoire, des infirmières pivots en oncologie prennent le relais. Elles sont présentes pour soutenir les patients suite au diagnostic. Celles-ci font une évaluation et déterminent si d’autres spécialistes tels que des travailleurs sociaux, pharmaciens, psychologues… doivent être ajoutés au suivi.

Malheureusement, il n’y a pas de sexologue ou kinésiologue en oncologie disponibles dans la région. Ce type de professionnels peuvent être consultés de manière virtuelle, contrairement aux grands centres qui trouvent ces ressources à proximité.

Traitements

Les chirurgiens généraux de la région sont souvent ceux qui réalisent les traitements, sauf pour certaines conditions particulières. La chimiothérapie est donnée dans plusieurs installations de la Côte-Nord. Toutefois, les patients ayant besoin de traitements de radiothérapie, eux, devront se déplacer au Saguenay–Lac-Saint-Jean ou à Québec.

Partager cet article