Vos jeunes savent-ils nager?

Par Vincent Rioux-Berrouard 8:00 AM - 02 avril 2022
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Les jeunes nord-côtiers sont parmi les plus préparés du Québec à survivre à une chute à l’eau selon la Société de sauvetage du Québec. Cela n’est pas un hasard pour de nombreux jeunes port-cartois qui participent au programme Nager pour Survivre.

Ce programme est actuellement dispensé aux élèves de la troisième à la sixième année à l’école Mère-d’Youville de Port-Cartier.

Jennifer Dubé qui est sauveteuse pour le service des loisirs de Port-Cartier et qui dispense le programme explique que celui-ci permet de différencier les enfants qui savent nager de ceux qui savent se baigner.

Pour accomplir cela, un test composé de trois épreuves est effectué. Il faut que l’enfant fasse une culbute à l’eau avec une roulade avant. Ensuite, il doit être apte à faire une minute de nage sur place et à nager sur une distance de 50 mètres (deux longueurs de piscine).

Une fois le test fait, un certificat de participation avec une recommandation qui est faite par le moniteur est remis à l’enfant.

« C’est un bon indicateur pour faire réaliser aux parents que peut-être leur enfant aurait besoin de cours de natation », indique Mme Dubé.

« Souvent on surestime les capacités de natation de notre enfant dans l’eau alors le programme est vraiment utile pour cela », ajoute-t-elle.

Jusqu’à maintenant, Jennifer Dubé constate que les jeunes port-cartois se débrouillent plutôt bien dans l’eau. Elle explique cela par le fait que contrairement à d’autres régions du Québec, la piscine à Port-Cartier n’a pas connu autant de fermetures au cours des deux dernières années. Elle indique aussi que la piscine municipale de Port-Cartier est grandement utilisée par les familles ce qui permet de développer les habiletés des jeunes en natation.

Portrait positif sur la Côte-Nord

À la lumière des données publiées à la fin de l’hiver 2022, le portrait concernant les habiletés de nage des jeunes nord-côtiers est encourageant selon Raynald Hawkins, directeur général de la Société de Sauvetage. La pandémie a sans surprise affecté les activités de l’organisation, mais les écoliers demeurent au rendez-vous.

Pour 2021-2022, le centre de services scolaire Moyenne Côte-Nord affiche 471 inscriptions de la 3e à la 6e année du primaire. Au Centre de services scolaire de l’Estuaire, on en compte 82. Eastern Shores compte pour sa part 63. Le record revient au centre de services scolaire du Fer, à Sept-Îles.

Pour ce territoire, on comptabilise 674 élèves inscrits pour 2021-2022. Ce nombre d’inscriptions est un bon signe selon le directeur de l’organisme provincial, alors que le test est relancé après une série de confinement.

Sept-Îles performait au-dessus de la moyenne provinciale avant l’arrivée de la crise, indique-t-il. Alors qu’un élève sur deux en moyenne réussit le test de Nager pour survivre, cette moyenne est de près de 65 % à Sept-Îles. Du moins, si l’on regarde les participants de 3e et 4e année. Le taux de réussite grimpe à 86 % en 5e et 6e année.

La ville nord-côtière ne devrait pas connaître une trop grosse baisse de participation, croit le directeur Hawkins. Il se peut que le défi soit plus grand ailleurs au Québec.

«C’est sûr qu’à cause de la pandémie, il y a moins d’enfants qui ont suivi des cours de natation. Il y a aussi ce que l’on appelle des décrocheurs aquatiques. Ils n’ont plus suivi leurs cours de natation en raison de la pandémie. Ils ont découvert d’autres activités. J’ai des parents aussi qui ont dit d’attendre que la pandémie soit terminée avant de renvoyer les enfants en activités organisées. Ça fait évidemment en sorte que l’on a moins développé des habiletés aquatiques au cours des deux dernières années. Mon inquiétude, c’est de voir des statistiques de noyade à la hausse au cours des prochaines années malheureusement », commente le porte-parole en matière de sécurité nautique.

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