Mike Mckenzie déplore la divulgation de détails sur les négociations entourant la Moisie

Par Jean-Christophe Beaulieu 12:00 AM - 09 mai 2018
Temps de lecture :
Mike Mckenzie

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-Utenam, Mike Mckenzie, se dit confiant de pouvoir arriver à quelque chose de bénéfique pour la communauté de Uashat mak Mani-Utenam.

Le chef Mike Mckenzie déplore que la première ébauche de la négociation de la nouvelle entente ait «coulée» dans les médias. Il insiste que les priorités de l’entente sont d’avoir un régime de protection à l’image des Innus et de «déprivatiser» les pourvoiries et camps privés pour que la communauté de Uashat mak Mani-Utenam reprenne ses droits sur la rivière.

Suite aux interventions politiques sur la rivière Moisie l’été dernier, où des membres de la communauté avaient occupé les environs du Club Adams, les rencontres se sont multipliées entre le conseil de bande et le gouvernement provincial.

En décembre, le conseil de bande a pris une résolution pour qu’une nouvelle entente soit négociée avec Québec.

«J’ai formé un nouveau comité qui comprend entre autres deux anciens chefs de la communauté, George Ernest Grégoire et Paul Émile Fontaine. Un biologiste innu et deux avocats en font aussi partie. C’est avec cette équipe que l’on entreprend les négociations depuis quelques semaines», explique le chef Mike Mczenzie.

Déplorable

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-Utenam dit trouver déplorable que la première ébauche des discussions avec le gouvernement ait été montrée aux médias.

«J’ai beaucoup de bagages en matière de négociations, et tant et aussi longtemps qu’une entente n’est pas finale, elle doit rester à l’interne. C’est la réputation de l’organisation qui est effritée quand on coule des documents comme ça. Ça ne se fait pas», déplore-t-il.

Selon M. Mckenzie, ce serait un élu du conseil de bande qui aurait dévoilé les informations aux médias.

«Parfois on a des divergences politiques, c’est normal. Mais personnellement je veux qu’on travaille ensemble, ça concerne toute la communauté. C’est important pour moi qu’il n’y ait pas de tensions sociales», affirme-t-il.

Malgré la complexité du dossier, il se dit confiant d’arriver à quelque chose de bénéfique pour Uashat mak Mani-Utenam.

Mieux protéger et rendre la rivière aux Innus

Selon Mike Mckenzie, les négociations devraient se terminer d’ici deux semaines. Il explique que l’un des objectifs de la renégociation de l’entente sur la Moisie est d’élargir l’accès à la rivière aux Innus.

«L’entente administrative de 1999 nous restreint l’accès. On veut partir sur de nouvelles bases. En tant qu’autoroute ancestrale, c’est un patrimoine innu pour nous qu’il est important de se réapproprier», explique-t-il.

Il donne l’exemple d’autres nations, comme les Micmacs au Bas-Saint-Laurent, qui ont leur propre régime de gestion du territoire.

«On est très conscients des utilisateurs de la Moisie, l’Association de protection de la rivière, le Club Adams et les autres pourvoiries. On n’écarte pas une cogestion, mais on croit que la priorité est à «décluber» les pourvoiries et les clubs privés», souligne-t-il.

Le chef souhaite que le gouvernement, qui a créé ces régimes privés, les «déprivatise» pour que les Innus puissent se réapproprier le territoire.

«Il y a beaucoup de zones qui nous intéressent, il y a de belles fosses dans le secteur Winthrop Campbell qui appartiennent à des camps de pêche privés. Pour ce qui est du Club Adams, on me dit qu’il a été cédé pour 100 ans par le gouvernement. Cette période est arrivée à terme», constate M. Mckenzie.

Un point primordial pour le chef et la communauté consiste en la protection de la rivière Moisie. Il mentionne être régulièrement interpellé quant aux craintes de dérivation des rivières Carheil et Pékans, situées en amont de la Moisie.

«Il y a beaucoup de discussions sur la Réserve aquatique permanente, mais nous, ce qu’on veut dans le dossier, c’est une protection à notre image, selon notre réalité autochtone. De changer la loi québécoise et de mettre nos propres clauses.»

Le chef envisage aussi des démarches pour changer la toponymie de la rivière, appelée traditionnellement la Mista Shipu.

 

 

Partager cet article