Sommet sur le transport régional aérien : des actions concrètes réclamées 

Par Frédérick Jolicoeur Tétreault 12:00 AM - 23 janvier 2018
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transport régional aérien

L’aéroport de Sept-Îles.

Le maire Réjean Porlier était du côté de Drummondville le 10 janvier, afin de participer à une rencontre du Comité sur les aéroports régionaux de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Cet exercice se voulait une préparation au Sommet qui se tiendra dans quelques semaines à Lévis et qui traitera du même enjeu. 

«Le but de cette rencontre était de se préparer pour le Sommet. À l’UMQ, il y a vraiment une unanimité sur le sujet. Même pour les grands centres, les coûts élevés en région ont un impact. Tout le monde est impacté, sauf les transporteurs», affirme le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Il ne date pas d’hier que les membres de l’UMQ tentent de faire entendre à Air Canada, principal joueur du marché aérien québécois, les problèmes reliés à la vente de billets à prix élevés.

Le maire Porlier dit toutefois constater une ouverture de la part du transporteur. «Si tu regardes les prix des billets en ce moment, on voit que Air Canada a donné un tour de roue. Ce que l’on ne veut pas, c’est que ça soit éphémère. On recherche de la stabilité», soutient-il.

Si les doléances des différentes municipalités sont entendues depuis longtemps, M. Porlier croit qu’il est maintenant l’heure de trouver des solutions. «J’ai proposé directement à Air Canada d’utiliser des avions plus gros et ayant plus de places. Au final, plus c’est gros, plus il va y avoir du monde, moins ça va coûter cher. À la fin du Sommet, il faudrait qu’il y ait des structures de coûts d’identifiées par le transporteur et qui démontreraient une volonté d’occuper le territoire», espère le maire.

Frein au développement

À la Chambre de commerce de Sept-Îles, on suit le dossier de près. «On était présent lors des consultations régionales et on va être également présent à Lévis. On espère qu’il va y avoir du concret et non juste des paroles. Il est temps de passer à l’action», lance le directeur général, Paul Lavoie.

Certains des membres de la Chambre, dont les clients se trouvent dans les grands centres, sont durement touchés par le prix des billets.

«Si pour obtenir un contrat tu dois débourser plus de 1 400$ pour aller rencontrer le client, tu perds beaucoup sur le profit», fait valoir M. Lavoie.

Cette situation, le propriétaire de la compagnie G7, Steve Guillemette, l’a déjà vécue. «Plus tu arrives à la fin du processus de sélection pour obtenir un contrat, plus tu dois aller rencontrer le client. Chaque fois, ça peut coûter jusqu’à 3 000$, si on additionne le transport et l’hébergement. On devient automatiquement désavantagés comparativement à nos compétiteurs de Montréal qui peuvent se rendre en taxi», explique-t-il, ajoutant que les prix non abordables empêchent aussi la compagnie d’envoyer des employés suivre des formations de perfectionnement à l’extérieur.

Paul Lavoie observe également des enjeux de recrutement. «Pour se spécialiser, les entreprises se tournent vers les grands centres pour dénicher des spécialistes. Juste pour rencontrer cette personne, c’est un coût très important. Après, la personne choisie va aussi évaluer combien ça va lui coûter pour retourner voir sa famille.»

En termes de solutions, Paul Lavoie rejoint le maire Porlier. « Si le service s’améliore et que les prix baissent, les gens vont prendre davantage l’avion. Actuellement, les gens prennent leur automobile parce que les prix n’ont pas de bon sens. Eux [Air Canada], ils sont d’accord, mais ils soutiennent qu’ils vont perde de l’argent avant que la demande suivre l’offre. Il faut donc qu’il y ait une intervention gouvernementale dans le dossier», évalue-t-il.

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