Port-Cartier : un projet d’usine de bleuets en péril

Par Emy-Jane Déry 12:00 AM - 28 juin 2017
Temps de lecture :

Régis Grenier (à gauche), président-directeur général de Bleuets Grenier et fils, Lorraine Richard, députée de Duplessis (au centre) et Pascal Grenier (à droite), directeur des opérations de Bleuets Grenier et fils.

L’entreprise familiale Bleuets Grenier et fils qui souhaite démarrer une usine de transformation à Port-Cartier déplore que Québec lui exige plus de six fois les redevances forestières demandées aux industriels en place pour la coupe du bois.

L’entreprise familiale du Lac-Saint-Jean souhaite développer l’agriculture sur la Côte-Nord. Elle dit avoir déjà engagé 1,5M$ pour la réalisation de son projet sur le territoire. À long terme, elle espère démarrer une usine de transformation du bleuet dans le parc industriel de Port-Cartier. On y ferait notamment de la «poudre bleue», à partir du petit fruit récolté dans la région. La substance serait très prisée par le domaine pharmaceutique. Le projet total est estimé à 20 millions $ et pourrait créer jusqu’à 80 emplois.

Pour ce faire, Bleuets Grenier et fils veut cueillir le bleuet sur quelque 6 500 acres de terres nord-côtières. Pour l’heure, le gouvernement provincial lui exigerait des redevances sur le bois à couper d’environ 19,14$/m3, alors qu’il chargerait un taux de 2,93$/m3 aux industriels forestiers déjà en place telle que la scierie Arbec.

«Il [le gouvernement] croit en nous, il nous envoie sur les terres pour qu’on développe et une fois qu’il nous a donné ce droit, il nous donne un cadeau empoisonné», a déploré Pascal Grenier, directeur des opérations terrain de Bleuets Grenier et fils. «Il nous charge un taux de redevance qui n’arrête pas d’augmenter, à ce prix-là, il n’y a aucun développement à faire, c’est irréaliste», a-t-il poursuivi.

En effet, l’entreprise soutient que les taux exigés par Québec mettent en péril leurs projets de développement.

Plan Nord sollicité

La députée de Duplessis, Lorraine Richard, travaille depuis plusieurs mois de concert avec l’entreprise pour faire bouger les choses à l’Assemblée nationale. Elle demande à ce que Bleuets Grenier et fils ait droit au même taux avantageux que les industriels. La péquiste pointe du doigt l’inaction de la Société du Plan Nord dans le dossier.

«La Société du Plan Nord a failli à son devoir de soutenir et d’aider la famille Grenier. L’appui au développement de la filiale des petits fruits nordiques, c’est clairement identifié dans ses priorités d’action 2015-2020», a martelé Lorraine Richard.

La députée estime qu’il s’agit d’un projet de diversification économique important et qu’il faut l’encourager.

 

Partager cet article