La solution passe par un pont sur le Saguenay

Par Éditions Nordiques 12:00 AM - 15 février 2017
Temps de lecture :

Alain Gelly, co-porte-parole de la consultation publique, et François Rémillard, de la Société de l’assurance automobile du Québec, ont entendu une dizaine de personnes à Baie-Comeau, vendredi.

(LE MANIC) La Côte-Nord a parlé d’une seule et même voix, vendredi, à Baie-Comeau, lors de la consultation publique sur la sécurité routière. Pour assurer justement la sécurité sur la principale route de la région, la 138, la fluidité du trafic est une condition sine qua non. Et cette véritable fluidité ne sera possible qu’avec un pont enjambant la rivière Saguenay.

Par Charlotte Paquet

«C’est la quatrième séance seulement, mais rarement on a vu les commentaires des participants aller tous dans le même sens», s’est exclamé François Rémillard, de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). M. Rémillard accompagnait le co-porte-parole de la consultation publique, Alain Gelly. Onze villes auront été visitées d’ici le 3 mars, soit à la fin de la tournée organisée par la SAAQ en collaboration avec le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports..

Que ce soit de la bouche du maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, ou de celle de Marcel Furlong, de la Corporation Innovation et Développement Manicouagan, ou encore à partir des propos tenus par Guy Deschênes, Steeve Saint-Gelais, Marc Gilbert ou Marjorie Deschênes, des citoyens de la Haute-Côte-Nord, le message a été le même. Le pont s’impose une fois pour toutes.

Dans la même foulée, Pierre Breton, de la Société du pont sur le Saguenay, a martelé les dangers pour la sécurité routière reliés à la présence de traversiers entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Le fameux syndrome de la traverse, expression lancée par le coroner Arnaud Samson il y a plusieurs années, est bien réel et il touche autant les gens qui se dirigent vers le traversier que ceux qui en sortent.

L’entrée en service de plus gros traversiers affectés à cette traverse empirera la situation, a insisté M. Breton, puisque les convois de véhicules circulant à la queue leu leu à la sortie passeront de 70 à 125. Fait à noter, le représentant de la SAAQ a souligné entendre parler du syndrome de la traverse pour la première fois.

D’ici là

Mais d’ici à ce que le rêve caressé par les Nord-Côtiers se réalise, il faut agir pour améliorer la sécurité sur la route 138 et cela passe par une augmentation considérable du nombre d’endroits de dépassement, de l’avis des participants à la consultation. Cela vaut pour la Côte-Nord, mais aussi pour l’est de Charlevoix, principalement sur la portion entre Baie-Sainte-Catherine et Saint-Siméon, où les possibilités pour doubler sont d’une grande rareté.

Comme l’a souligné notamment Marc Gilbert, la norme visée au Québec est de 60 % d’endroits propices aux dépassements. «Nous, c’est pas ça qu’on veut (en raison du débit moindre qu’ailleurs), mais on ne veut pas non plus de 10 à 12 % (la situation actuelle). Si on doublait les endroits de dépassement, ce serait déjà pas pire. Passez le message qu’on en a assez et si ça prend des gestes d’éclat, on va en faire», a-t-il lancé.

Pour en revenir aux nouveaux traversiers, quelques-uns ont rappelé que la décision avait été prise sans consultation avec le milieu, ce qui est jugé «presque scandaleux» par Steeve Saint-Gelais, qui dirige la coopérative Boisaco de Sacré-Cœur. «Ç’a été une décision politique et une volonté de préserver une entreprise (la Davie). La décision s’est prise à Québec et il n’y a eu aucune intervention régionale de consultation, c’est inacceptable pour nous», a-t-il ajouté, en rappelant que les gros traversiers ne feront qu’augmenter le goulot d’étranglement à la sortie, que ce soit du côté de Tadoussac que de Baie-Sainte-Catherine.

Enrichir le Québec

Le porte-parole de la Société du pont a rappelé que les Nord-Côtiers contribuent deux fois plus que l’ensemble des Québécois à la richesse collective avec un produit intérieur brut de 81 000 $ par habitant comparativement à 43 000 $ par habitant en moyenne au Québec. «Quand on a une région qui enrichit […], c’est la moindre des choses de lui donner une route sécuritaire», a lancé celui pour qui le pont reste la meilleure solution permanente.

L’homme n’a d’ailleurs pas manqué de souligner à MM. Gelly et Rémillard qu’il est prouvé que la construction d’un pont pourrait couter autour de 400 M$, en incluant les infrastructures terrestres de part et d’autre, ce qui est très loin du milliard de dollars avancé par le gouvernement.

Partager cet article