Décès d’un travailleur au chantier Romaine : le contrôle du danger d’effondrement insuffisant

Par Frédérick Jolicoeur Tétreault 12:00 AM - 29 novembre 2017
Temps de lecture :
Romaine

Chantier Romaine (Photo : Hydro-Québec)

Les études géotechniques et les moyens de contrôler le danger d’effondrement étaient insuffisants au moment de l’accident mortel qui a coûté la vie au travailleur Luc Arpin, sur le chantier de la Romaine, conclut la CNESST.

Ces manquements ont fait en sorte que la chute d’un important volume de roche sur la pelle hydraulique du travailleur n’a pas pu être détectée.

L’incident mortel s’est produit dans la nuit du 9 au 10 décembre 2016 sur le chantier du complexe hydroélectrique de la Romaine. Un mur de roche est tombé sur le travailleur de 51 ans, tandis qu’il se trouvait à bord de sa pelle hydraulique.

«Des investigations du roc plus approfondies, avec une analyse de stabilité sur toute la hauteur de l’excavation auraient fait en sorte d’identifier au préalable le risque de chute d’un volume de roche»,  affirme la CNESST dans les conclusions de son rapport sur l’accident.

Une enquête avait été ouverte par la CNESST afin de faire la lumière sur l’événement tragique. La compagnie EBC, celle dont Luc Arpin était l’employé, a également réalisé sa propre évaluation des pratiques de santé et de sécurité au travail chez Hydro-Québec.

Modifications ordonnées

À la suite de l’accident, la CNESST a ordonné à Hydro-Québec de faire des modifications à son programme de prévention des travaux d’excavation. Un constat d’infraction a aussi été remis à la société d’État, ainsi qu’à l’entreprise EBC inc.

Ce fut le deuxième accident de travail mortel à survenir sur le complexe cette année-là, et le quatrième depuis le démarrage du chantier en 2009. Depuis, Hydro-Québec a récemment revu l’ensemble de ses pratiques de santé et sécurité, et ce, sur l’ensemble de ses chantiers du Québec. Lors de l’inauguration de Romaine-3 par le premier ministre Philippe Couillard en octobre, des travailleurs sur place avaient affirmé au Journal qu’il «ne se passait plus un jour sans que des constats d’infractions soient remis aux travailleurs fautifs».

-Avec Emy-Jane Déry

Partager cet article