Violence conjugale, confinement et capsules de sensibilisation

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Par Charlotte Paquet
Violence conjugale, confinement et capsules de sensibilisation
Deux premières capsules de sensibilisation à la violence conjugale sont accessibles sur YouTube.

Les employeurs ont un rôle à jouer dans le soutien des victimes de violence conjugale et il est d’autant plus crucial en cette période de télétravail et de confinement dus à la pandémie de coronavirus.

C’est là le message lancé par le comité d’encadrement du projet de recherche Vers une politique de travail en violence conjugale, qui veut sensibiliser les patrons à demeurer à l’affût d’éventuelles situations de violence conjugale touchant leur personnel.

Émanant du Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal, ce comité réunit la professeure en sciences juridiques Rachel Cox et trois organismes de la Côte-Nord, soit le Centre Femmes aux 4 vents de Sept-Îles, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de la région et la Maison des femmes de Baie-Comeau.

« Dans le contexte du COVID, on a décidé de sortir des capsules », explique Hélène Millier, coordonnatrice de la maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, qui invite les gens à les regarder sur la chaîne You Tube et à les partager pour qu’elles rayonnent davantage.

S’adressant à la fois aux employeurs, aux décideurs et aux femmes elles-mêmes, les deux premières capsules de sensibilisation suggèrent des pistes d’action en milieux de travail. Intitulées Pourquoi une obligation de protection pour l’employeur en matière de violence conjugale au travail? et Pourquoi arrive-t-il qu’une victime de violence conjugale reste avec l’auteur des violences?, elles sont disponibles pour visionnement en cliquant ici.

Violence et confinement

Une étude réalisée par Statistique Canada en avril a révélé qu’une femme sur 10 craignait la violence familiale en contexte de confinement.

« Pour soutenir les victimes de violence en général, tout comme dans ce contexte particulier que nous vivons, une évaluation du risque est nécessaire et les employeurs doivent intervenir de façon appropriée et aidante, avec délicatesse et jugement. Le milieu de travail doit garder à l’esprit que les travailleuses peuvent être en danger, même en contexte de télétravail », insiste d’ailleurs Rachel Cox, professeur à l’UQAM et impliquée dans le comité.

Fait à noter, preuve de l’impact négatif du confinement, la Maison des femmes de Baie-Comeau observe une chute dramatique du nombre d’appels à l’aide depuis les derniers mois. Quand l’agresseur se trouve à deux pas de soi, il n’est pas évident de téléphoner pour demander soutien et conseils.

Vers une obligation

Mme Millier explique que depuis l’automne 2019, le comité Vers une politique de travail en violence conjugale se penche sur ce qui existe pour protéger les femmes victimes de violence conjugale dans leur milieu de travail.

« Notre objectif, c’est de faire changer la loi de la CNESST pour que ça devienne une obligation pour l’employeur de protéger les femmes victimes de violence conjugale », souligne-t-elle. Le développement d’outils pour soutenir les patrons est aussi à l’étude.

Le Québec accuse d’ailleurs du retard sur d’autres provinces canadiennes où l’obligation de protection de l’employeur est déjà acquise.

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