Une marginalité assumée pour Mathieu Cyr

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Par Éric Martin
Une marginalité assumée pour Mathieu Cyr
Mathieu Cyr voit la différence comme un très grand atout et non une faiblesse. Photo Audric Gagnon

Il aura fallu plus de douze ans, après sa sortie de l’École nationale de l’humour en 2007,  pour que Mathieu Cyr en arrive à présenter son premier one man show Le Chaînon manquant. Une situation peut-être attribuable au trouble de déficit de l’attention dont il est atteint et qui l’amène à mener de front bien des projets.

Le titre de son one man show n’a rien d’anodin et découle directement d’un exercice qu’il a fait à l’École nationale de l’humour.

« On avait alors à découvrir notre clown intérieur. De mon côté, ce fut l’homme des cavernes. J’ai un bon fond et un côté drôle. Je suis un conteur d’anecdotes. Le cousin qui te fait rire et le gars le plus engagé », dit-il, avec une très grande introspection.

Loin d’être un handicap, son trouble de déficit de l’attention semble s’avérer une arme efficace. « Même si je n’en parlais pas, ça paraît que je le suis sur scène. C’est comme mettre un t-shirt pour camoufler que je pèse 500 livres », cite-t-il à titre d’exemple. «Je pars facilement en improvisation et je constate que c’est ce que les gens aiment. »

L’humoriste considère chaque spectacle comme un nouveau, même après plus d’une soixantaine de représentations. « À chaque fois, c’est un nouveau public. Tout ça à une incidence sur la livraison », indique Mathieu Cyr. « Cependant, la base demeure la même. Ce qui m’aide à rester concentrer, c’est la gym et la médication. »

Bien de son époque, il utilise grandement les outils technologiques. Il se fait un devoir d’alimenter les différents médias sociaux dans lesquels il est actif. « Ce sont là des outils qui me permettent d’être près des gens. Je réponds à tous mes messages. Je le fais dans mes temps libres. Il y a plus de 200 000 personnes qui me suivent », souligne-t-il avec une très grande fierté.

Se défaire de toutes les étiquettes

Dès un très jeune âge, cet as de l’humour a su qu’il était important de se démarquer et surtout de s’affirmer. « Les hommes disent en moyenne 7000 mots. Les femmes, plus de 21 000 mots. Les hommes sont trois fois plus nombreux à se suicider. Cette statistique en dit gros », constate-t-il. « Je viens d’un petit village (Maple Grove, maintenant fusionné à Beauharnois) où la différence était parfois mal perçue. Je me bats contre ça. Nous n’avons pas à tous rentrer dans un même moule. Plusieurs ne font que suivre la vague sans être heureux. »

Sur ce point, il insiste également sur l’importance de ne pas perdre son temps. « On accorde de l’importance à des choses qui ne le sont pas. On est conditionné à le faire. La chose la plus précieuse qu’on a dans la vie est le temps. Avant de faire carrière en humour, je ne le réalisais pas toujours. J’en parle aujourd’hui beaucoup dans mes numéros. J’apprécie le fait que les gens prennent le temps de venir me voir en show. »

Plusieurs représentations du spectacle Le Chaînon manquant se tiendront sur la Côte-Nord, le 8 octobre à la salle de diffusion La Shed-à-Morue de Havre-Saint-Pierre, le 9 octobre à la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles, le 10 octobre au Café-théâtre Graffiti de Port-Cartier et le 11 octobre à l’amphithéâtre Jean-L’Heureux du Cégep de Baie-Comeau.

Chanson sur la Côte-Nord

 

 

 

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