Une fusion possible chez Desjardins met en furie les MRC de la Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
Une fusion possible chez Desjardins met en furie les MRC de la Côte-Nord
L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord dénonce avec véhémence une étude de faisabilité en cours sur la fusion du centre Desjardins Entreprises - Côte-Nord avec son vis-à-vis du Saguenay.

L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord vient d’apprendre la réalisation d’une étude de faisabilité sur la fusion du centre Desjardins Entreprises – Côte-Nord avec son vis-à-vis du Saguenay et elle n’en revient tout simplement pas.

Dans un communiqué émis lundi, le regroupement dénonce avec véhémence un tel projet puisque, peut-on y lire dans le titre, cette fusion reviendrait à donner la Côte-Nord au Saguenay et en faire sa sous-région.

Pendant que les MRC se battent pour rapatrier en région des centres décisionnels et ainsi reprendre du pouvoir d’influence, de l’expertise et des emplois, les conseils d’administration des 12 caisses de la Côte-Nord et leur comité de coordination, composé des directeurs généraux de chaque institution, envisagent la fusion avec le Saguenay, déplore Luc Noël, préfet de la MRC de Minganie et porte-parole dans ce dossier. « Eux, ils sont totalement à contre-courant. Ils vont nous livrer au Saguenay », martèle-t-il au bout du fil.

Et tout est mené en catimini et dans l’opacité, affirme Luc Noël. « Je sais que l’étude se fait. Si on n’avait pas eu une information sous le sceau de la confidentialité, on ne l’aurait pas su », assure celui qui considère que ce manque de transparence et d’information n’augure rien de bon.

L’idée d’une étude sur la fusion aurait été initiée par les caisses Desjardins de la Haute-Côte-Nord et les directeurs généraux de la région auraient eu à voter sur la proposition, poursuit le préfet. L’éventuel regroupement ne ferait pas l’unanimité.

« Il semble qu’il y avait un problème avec le centre Desjardins aux entreprises, ce qu’on ne nie pas. Les directeurs généraux semblent avoir trop de travail pour gérer le CDE », poursuit le préfet de la MRC de Minganie. Si tel est vraiment le cas, il croit qu’il y aurait lieu d’étudier d’autres pistes de solutions avant de penser à une fusion.

« Qu’est-ce qu’on passe comme message aux gens de la région? On n’est des pas bons, on n’est pas capables se gérer », laisse tomber celui qui soupçonne que tout ça soit une commande de la Fédération des caisses Desjardins. Il se demande aussi si les membres des caisses ont été consultés face à ce projet.

Perte de contrôle

Si Desjardins Entreprises – Côte-Nord fusionne avec Desjardins Entreprises – Saguenay, les Nord-Côtiers perdront 80 % de leur pouvoir décisionnel, selon les MRC, qui se basent sur la taille des deux entités.

« L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord s’oppose et s’opposera toujours à de telles fusions, car elle s’affaire à se développer en tant que région forte et attractive, et non pas en tant que sous-région, juste bonne à fournir ses ressources naturelles », conclut l’organisme dans son communiqué.

Dans les prochaines semaines, les élus des MRC et des municipalités de la Côte-Nord adopteront des résolutions pour manifester leur opposition au projet. Le chef de la direction et président du conseil d’administration du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, sera également interpellé.

Réaction chez Desjardins

Directeur général de la Caisse populaire Desjardins de Forestville et président du comité de coordination, Christophe Rolland explique que l’étude en cours vise une chose : améliorer les services aux membres grâce à l‘expertise additionnelle du centre Desjardins Entreprises au Saguenay. « C’est vraiment dans cette intention-là qu’on le fait. On ne fait pas ça pour rationaliser ou sauver des coûts. »

L’étude sur une éventuelle fusion s’est amorcée un peu avant les Fêtes et se poursuivra dans les prochains mois. Ensuite, une recommandation du comité de coordination sera soumise au vote de l’assemblée des caisses, qui réunit des représentants des conseils d’administration des 12 caisses de la Côte-Nord.

« On est une coopérative et c’est important que les dirigeants politiques nous laissent exercer nos processus de gouvernance. On mènera des consultations en temps voulu. C’est important de laisser les gens à l’interne faire leur analyse avant de tirer leurs conclusions », précise Christophe Rolland.

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