Une employée d’Air Canada rudoie une athlète de 15 ans

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Par Mathieu Morasse
Une employée d’Air Canada rudoie une athlète de 15 ans
La judoka Sophie Lapointe revenait des Jeux du Canada à Red Deer, en Alberta, où elle a remporté une médaille de bronze individuelle et une médaille de bronze par équipe.

Le voyage de retour des Jeux du Canada de la jeune Sophie Lapointe a été fort turbulent. Son vol Québec-Sept-Îles ayant été annulé, une employée d’Air Canada aurait empoigné la judoka de 15 ans afin de la forcer à monter dans l’avion retournant vers Montréal, sous prétexte qu’Air Canada n’était pas en mesure de prendre en charge d’enfant mineur à Québec.

Dimanche soir, la Port-Cartoise revenait de Red Deer, en Alberta, où elle a décroché deux médailles de bronze chez les moins de 44 kg. Son vol Montréal-Sept-Îles a toutefois été annulé lors de l’escale à Québec, vers 19h30.

Les employés d’Air Canada à l’aéroport de Québec lui ont expliqué ne pas être en mesure de prendre en charge un enfant mineur. Ils lui ont tout d’abord proposé de passer la nuit à l’aéroport – seule – afin de prendre place sur le vol de lundi matin.

Devant le refus de l’athlète et de sa mère Natalie Ringuette jointe par téléphone, Air Canada a exigé qu’elle prenne place à bord de l’avion retournant à Montréal, où des employés pourraient s’occuper d’elle jusqu’à ce qu’une place soit disponible sur un vol.

Mère et fille ont refusé cette option vu l’incapacité d’Air Canada de garantir un vol de retour le lundi matin à partir de Montréal.

«On va te laisser là»

Sophie Lapointe et sa mère reprochent aux agents d’Air Canada de ne pas les avoir écoutées et de ne pas avoir cherché à comprendre leur situation.

«Un moment donné, une des dames derrière le comptoir m’a demandé si je voulais embarquer sur l’avion de la bonne façon ou de la mauvaise façon. J’ai refusé d’embarquer sur l’avion et de retourner à Montréal. Elle a pris mes bagages, elle a pris mon bras, puis elle a commencé à me tirer vers la porte pour que j’aille dans l’avion», raconte la judoka.

«Une autre agente m’a dit « je ne suis plus capable, si tu n’embarques pas sur l’avion, on ne s’occupe plus de toi, tu n’es plus de notre responsabilité et on va te laisser là ». Elle me criait littéralement après. C’est inacceptable ce qu’ils ont fait», s’indigne-t-elle.

La sécurité est ensuite intervenue et a aidé à calmer le jeu. C’est finalement une connaissance présente à Québec qui est venue chercher Sophie à l’aéroport vers 22h.

Aucun dédommagement d’aucune sorte n’a été offert à Sophie Lapointe et à sa mère.

«Dans le cas du jeune voyageur, nous avions examiné quelques possibilités d’hébergement pour la nuit et des dispositions de voyage jusqu’à la destination finale. Malgré nos tentatives de trouver une solution satisfaisante, le passager a choisi de prendre ses propres dispositions», a indiqué par courriel Debra Williams, chef de service aux communications pour Jazz Aviation, entreprise exploitant le vol de Air Canada Express en question.

Retour à Québec mardi

Sophie Lapointe a pu prendre place sur le vol Québec-Sept-Îles lundi matin. Elle retournera à Québec dès mardi pour prendre part aux Jeux du Québec. Elle fera cette fois-ci le voyage en autobus avec la délégation de la Côte-Nord.

Elle compétitionnera chez les moins de 48 kg, où elle espère remporter une médaille d’or.

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