Une deuxième chance de vivre pour Christian

Photo de Karine Lachance
Par Karine Lachance
Une deuxième chance de vivre pour Christian
Christian Boudreault, en compagnie de celle qui lui a donné une deuxième vie il y a vingt ans, sa sœur Valérie. (Photo : courtoisie )

Au début avril, le Septilien Christian Boudreault participait à un tournoi de hockey avec ses amis et comparses dans la classe Open. Les spectateurs dans les gradins le regardaient jouer, appréciaient son talent et à quel point c’était magnifique de le voir voler littéralement sur la glace. Il fût d’ailleurs nommé le meilleur joueur du tournoi de sa catégorie. Il s’est rappelé que rien de tout ça n’aurait été possible si, 20 ans plus tôt, sa sœur Valérie ne lui avait pas fait un don si précieux, lui permettant ainsi de déjouer la mort.

C’était au mois de février 1999, Christian, âgé de 16 ans, participait au Tournoi Fer-O Optimiste de Sept-Îles. À la fin de sa compétition, il a constaté qu’il avait plusieurs ecchymoses sur son corps, dont une qui couvrait complètement son biceps. Assez pour trouver la situation inquiétante et décider de se diriger vers le centre hospitalier pour aller consulter.

Son état était effectivement très grave, il fut transféré immédiatement vers un hôpital de Québec où ils (les spécialistes) ont découvert qu’il avait une infection de la moelle osseuse.

«Dans 75% des cas, une situation comme la mienne amène la personne à recevoir un diagnostic de leucémie. Moi c’était très grave aussi, mais c’était une infection de la moelle osseuse», précise Christian, qui aura 37 ans en juin.

Ils ont tenté rapidement un traitement pour guérir l’infection dont Christian était affligé. Cette tentative a échoué et même, elle a empiré son cas à un point tel qu’il était dans un état très critique. Ses voies respiratoires étaient bloquées, sa gencive n’avait plus de sang, il enflait. Il lui fallait une greffe de moelle osseuse le plus rapidement possible s’il voulait survivre.

Donner naturellement

Sa sœur Valérie n’était âgée que de 14 ans à cette époque. Elle ne réalisait pas totalement l’ampleur et la gravité de la situation que vivait son frère. Pendant près de trois mois, elle était éloignée de sa famille, tout en continuant de vivre une vie relativement normale. À un certain moment, ses parents lui ont demandé si elle accepterait d’aider son grand frère.

«Mes parents m’ont demandé si j’acceptais de faire un don de moelle osseuse à Christian. J’ai dit oui, mais je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais surtout je ne réalisais pas l’importance du geste que j’allais poser. Je le faisais simplement, comme on rend service à quelqu’un qui en a besoin», raconte Valérie.

Valérie a été endormie, on lui a retiré une bonne quantité de moelle, elle s’est réveillée de nouveau et c’était fait. Elle avait un peu de douleur oui, mais rien comparativement à ce que vivait son frère au même moment.

L’opération fut une réussite et Christian s’en est sorti. Il y a eu quelques complications, une longue rémission, mais tout de même une fin heureuse.

20 ans plus tard

Il s’est écoulé exactement 20 ans, depuis que Valérie a fait son don de moelle osseuse à Christian. Elle est à présent mère de famille et c’est là qu’elle réalise l’importance du geste qu’elle a posé. Sa relation avec son frère n’a jamais été la même depuis, et ils se sont énormément rapprochés, même s’ils sont à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, lui à Sept-Îles, elle en Beauce.

«Je le vois avec ses filles, mes petites nièces. Dire que si je n’avais pas fait ça il ne serait pas là aujourd’hui. C’est juste un petit geste, qui prend seulement quelques heures de notre temps, mais ça en vaut tellement la peine. Je réalise à présent que ma vie aurait été complètement différente sans lui», exprime Valérie.

Christian est papa de deux petites filles qu’il a eues avec sa conjointe Annie. Il dirige l’entreprise (Sports Experts – Atmosphère – Hockey Experts) que lui a léguée son père (Michel) et est en parfaite santé. Il lui reste quelques séquelles physiques de cette dure épreuve, sinon rien comparativement à la chance qu’il a d’être en vie.

«J’ai été chanceux que ma sœur soit compatible avec moi. Le don de moelle osseuse n’est pas quelque chose de simple et de très populaire. Une femme qui était malade en même temps que moi a survécu grâce à un donneur qui habitait en Suisse. Je ne peux pas faire de don de moelle ou de sang, mais si je pouvais je le ferais», partage Christian.

Signez don

La Semaine nationale du don d’organes et de tissus se déroule du 21 au 27 avril. Lorsqu’on sait qu’un seul donneur peut sauver jusqu’à huit vies et en aider vingt autres par le don de tissus, chaque consentement est important. Les besoins sont grands et les possibilités nombreuses.

Partager cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

avatar
  S'abonner  
Me notifier de