Une carrière de granit pourrait créer 50 emplois à Pointe-Noire

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Par Mathieu Morasse
Une carrière de granit pourrait créer 50 emplois à Pointe-Noire
Perspective aérienne de la future carrière de granit. (Photo : courtoisie Carrières Mipo)

Une carrière de granit pourrait voir le jour dès 2020-2021 et créer une cinquantaine d’emplois sur la Pointe-Noire pendant dix ans. Les promoteurs de Carrières Mipo ont tenu trois séances de consultation les 26, 27 et 28 août afin d’expliquer le projet et de prendre le pouls des citoyens.

« Ce sera des emplois annuels et permanents. Il n’y aura pas de navettage (fly in fly out), donc on pense qu’on sera capable de recruter », a annoncé la directrice générale de Carrières Mipo, Nadine Jouvray.

La carrière de dix hectares serait située du côté sud de la Pointe-Noire, près de l’anse de la Grande Coulée. Une usine de concassage d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an y serait construite. L’ensemble du matériel extrait serait acheminé au quai 31 du Port de Sept-Îles sur un convoyeur couvert de 2,4 km.

Un acheteur de la côte est américaine s’est engagé à acheter la totalité de la production d’anorthite (granite gris) sur une durée de 10 ans. Il désire l’utiliser pour faire de l’asphalte et du béton. Les réserves de la carrière sont estimées à plus de 50 ans.

Les promoteurs du projet de 125 millions de dollars sont Michel Poisson, coprésident de Construction Polaris, et Nicolas Riverin, président de Pavage du Golfe.

Ils négocient actuellement avec le conseil de bande de Uashat mak Mani-Utenam (ITUM), qui souhaite devenir actionnaire du projet. Une partie des futurs emplois pourraient être réservés aux autochtones.

Dynamitage ultra précis

Les principaux éléments avoisinant la future carrière de granit sont des lignes électriques à haute tension (300 m), le chemin de la Pointe-Noire (550 m), l’estuaire du Saint-Laurent (550 m), le camping de Clarke City (3 300 m) et l’Aluminerie Alouette (3 500 m). L’habitation la plus proche de Val-Marguerite serait située à un peu moins de deux kilomètres.

Il y aurait en moyenne deux dynamitages par mois. Ils se feraient à midi ou à 18h et les résidents en seraient avisés au moins 24 heures à l’avance par la radio, par textos et par téléphone. Pour diminuer le bruit, ils seraient faits uniquement lors de conditions météorologiques favorables.

L’utilisation de détonateurs électroniques précis au millième de seconde permettrait de contrôler la projection de débris ainsi que les ondes sismiques et sonores.

« On va avoir un protocole rigoureux pour contrôler nos sautages parce qu’on n’a pas le droit à l’erreur », a affirmé l’ingénieur minier et expert en explosif, Pierre Groleau.

Impacts environnementaux contrôlés

L’émission de poussières et l’impact visuels figurent aussi parmi les principales questions et inquiétudes soulevées par les citoyens lors des séances de consultation.

Tous les convoyeurs et les concasseurs seraient couverts et munis de dépoussiéreurs afin de diminuer le bruit et les émissions de poussières.

La carrière serait visible depuis Clarke City, mais pas depuis Sept-Îles. Son impact visuel serait limité par un reboisement sur les paliers de sa paroi de 120 mètres de hauteur.

« Avec les consultations, on s’est fait demander des choses et on pourrait ajouter d’autres mesures », a déclaré Michel Poisson.

Aucun impact n’est prévu sur la nappe phréatique et sur l’habitat marin. Le site ne présenterait intérêt écologique particulier.

Carrières Mipo devra obtenir des certificats d’autorisation du ministère de l’Environnement avant de pouvoir débuter ses opérations.

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