Une année 2020 particulière pour les mammifères marins

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Par Vincent Rioux-Berrouard - Initiative de journalisme local
Une année 2020 particulière pour les mammifères marins
Photo courtoisie CERSI

La Côte-Nord est un lieu de choix pour l’observation des mammifères marins, mais la période estivale 2020 aura présenté bien des défis pour les scientifiques souhaitant effectuer leurs recherches.

L’année 2020 a jusqu’ici été marquée par de nombreuses histoires portant sur des mammifères marins qui ont retenu l’actualité. On a qu’à penser à la baleine à bosse qui s’est retrouvée dans la région de Montréal au début du mois de juin ou le rorqual à bosse empêtré dans des cordages au mois d’août. Mais, 2020 a-t-elle été une année exceptionnelle pour l’observation des mammifères marins sur la Côte-Nord?

Si l’on se fie à Anik Boileau, directrice du Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI), la réponse est non. Comme elle l’explique, l’été n’a pas été marqué par une hausse des observations. Il s’agit plutôt de quelques cas très médiatisés qui ont retenu l’attention. Selon elle, ce qui a été plutôt exceptionnel cette année est le peu de nombre d’observation. Le mois de juillet a été très tranquille.

Pour expliquer cette tendance, elle affirme : « La température de l’eau a été très chaude dans le fleuve et le golfe du Saint-Laurent au mois de juillet. Les proies des rorquals se sont déplacées vers des eaux plus froides et les prédateurs ont suivi ».

À partir du mois d’août, les observations ont recommencé à un rythme plus normal alors que la température de l’eau a atteint un seuil plus acceptable pour les mammifères marins.

Rorqual à bosse. Photo courtoisie CERSI

Un autre événement exceptionnel qui a retenu l’attention est évidemment la COVID-19 et ses impacts. La période de confinement et tout ce qui a suivi aura entraîné une certaine diminution du trafic maritime, on a qu’à penser à l’annulation de nombreuses croisières sur la Côte-Nord. Comme l’explique Anik Boileau, cette baisse de trafic maritime pourrait avoir été bénéfique.

Bien qu’elle reste prudente à ce sujet parce qu’il n’y a pas encore eu d’études qui ont été publiées, la logique voudrait que cette période de ralentissement de trafic maritime ait été positive pour eux. « Les mammifères marins s’orientent et communiquent avec l’acoustique. Donc, plus il y a de pollution sonore, plus c’est difficile pour eux », affirme Anik Boileau.

CERSI

Le Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI) est un organisme à but non lucratif qui a pour objectif de faire de la recherche sur le milieu marin du golfe du Saint-Laurent afin de mieux protéger la faune qui s’y retrouve.

Durant la période estivale, l’une des principales activités du CERSI est d’aller sur le fleuve pour mener des observations de la faune maritime. Ce type d’observation rapprochée demande beaucoup de précautions de la part des scientifiques. D’ailleurs, le CERSI doit obtenir un permis pour mener ses recherches.

L’une des missions du CERSI est de veiller au bien-être des animaux. Donc lorsqu’ils sont en mer pour des observations, ils vont chercher à savoir dans quel état de santé se trouve l’animal. Pour ce faire, il regarde l’état de chaire pour savoir si le mammifère marin est amaigri. Un autre indicateur est la santé de la peau. La présence de parasites ou de cicatrices permet de comprendre et de savoir l’état de santé dans lequel se trouve l’animal.

Rorqual bleu. Photo courtoisie CERSI

L’observation en mer permet aussi de faire l’analyse du comportement et de déterminer si l’animal a des sources de stress comme la présence de navires.

L’observation en mer représente tout un défi selon Anik Boileau. En plus, des désagréments de la météo qui empêchent parfois les sorties, simplement trouver les mammifères représente un défi à certains moments. Heureusement, des collaborateurs les aident à identifier dans quels secteurs se trouvent les animaux marins. Une des priorités d’Anik Boileau lorsque des observations sont menées, est de ne pas nuire au bien-être de l’animal.

« Il y a des journées où les animaux sont à la sortie de la Ville de Sept-Îles et il y a des fois, il faut aller jusqu’à Port-Cartier pour faire des observations. Chaque journée est différente et on ne sait jamais ce que l’on va être en mesure d’observer », affirme la directrice du CERSI.

Nouveau site web
Le Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles lancera bientôt un nouveau site web. Celui-ci est rendu possible par une équipe bénévole d’étudiants en médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Le CERSI collabore avec l’Université de Montréal, l’Université Laval et le Cégep de Sept-Îles. Ce dernier fourni d’ailleurs des installations au CERSI pour que les chercheurs puissent mener leurs recherches.

Étude sur le marsouin commun

L’un des projets de recherche importants actuellement pour le CERSI porte sur le marsouin commun. Un grand nombre de carcasses de marsouins nouveau-nés ont été retrouvées au Québec au cours des dernières années. Selon Anik Boileau les recherches jusqu’à maintenant semblent montrer que la cause de ces décès est une séparation entre la mère et le nouveau-né. Le CERSI poursuit des études pour comprendre ce qui cause cette séparation.

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