Un Septilien au sein de l’écurie Renault en F1

Photo de Frédérick Jolicoeur Tétreault
Par Frédérick Jolicoeur Tétreault
Un Septilien au sein de l’écurie Renault en F1
Éric Larouche prend la pose aux côtés du prototype Ferrari F1 de 2014 du temps qu’il travallait pour cette écurie. Le Septilien est maintenant à l’emploi de Renault F1.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Éric Larouche a toujours été passionné par les moteurs. Tellement passionné qu’il ressentait le besoin de dessiner le plus précisément possible les engins qu’il voyait quotidiennement. Aujourd’hui, cette passion est devenue son métier. Le Septilien d’origine vient de rejoindre les rangs de l’écurie Renault F1 à titre de concepteur/designer spécialiste de surfaces aérodynamiques. De l’Italie à l’Angleterre en passant par l’Allemagne, zoom sur un parcours hors du commun.

Selon Éric Larouche, c’est en accompagnant son père lors de nombreuses sorties en plein air qu’il a pu développer un intérêt marqué pour les véhicules motorisés. «Mon père m’a introduit aux sports motorisés comme le quad et la motoneige quand je n’étais pas encore assez grand pour le faire seul. Il me faisait conduire autant qu’il le pouvait, même la voiture. Nous allions toujours aux courses de motoneiges et aussi d’automobiles l’été», se souvient-il.

En parallèle de ces sorties père-fils, Éric consacre plusieurs heures de ses temps libres à reproduire les véhicules qu’il voit.

«Je dessinais tout et toujours avec le plus de précision possible. J’ai toujours été très pointilleux dans mon niveau de détails. Dans ma vie personnelle, ce n’est pas toujours facile pour ma famille ou ma copine. Par contre, je crois que c’est ce qui a fait de moi la personne et aussi le professionnel que je suis», pense-t-il.

Le grand départ
À la fin de ses études secondaires, au début des années 2000, Éric Larouche quitte sa Côte-Nord natale afin d’intégrer l’École nationale d’aérotechnique de Montréal pour y compléter un programme en construction aéronautique. Cette formation l’amènera par la suite à suivre un cours en génie mécanique à l’École de technologie supérieure de Montréal (ÉTS).

Grâce à son parcours académique spécialisé, Éric Larouche décroche un emploi chez Créaform, une firme d’ingénierie québécoise.

«L’entreprise en était à ses tout débuts. J’ai travaillé pour eux comme consultant sur site, donc chez des clients comme Bombardier Aéronautique, BRP, Gehry Technology (de l’architecte Frank Gehry à Los Angeles) et aussi sur plusieurs autres projets de courte durée», indique-t-il.

Alors muni d’un portfolio d’expériences professionnelles impressionnant, Éric Larouche quitte son emploi pour démarrer sa propre entreprise et ainsi travailler à son compte.

«J’ai eu des contrats chez BRP et Bombardier Aéronautique. Principalement au développement des nouveaux modèles Ski-Doo pour 2013 et au développement du C-Serie (maintenant Airbus)».

La rencontre d’une vie

En 2013, alors qu’il effectue chez Bombardier Aéronautique ce qui deviendra son dernier contrat en tant que travailleur autonome, Éric Larouche fait la rencontre de Simona Lanfranchi. Une rencontre qui changera sa carrière et sa vie.

«Elle avait déjà travaillé chez Ferrari F1 à Maranello lorsqu’elle vivait en Italie. Il y avait de la demande chez Ferrari F1 pour des gens avec mon profil, mais ils avaient de la difficulté à trouver. Elle m’a mise en contact avec les bonnes personnes. À l’été 2013, je suis déménagé à Modena en Italie où j’y ai travaillé pendant deux ans comme spécialiste de conception de surface aérodynamique. Je travaillais énormément. Les semaines de plus de 70 heures étaient la norme. Durant mes trois derniers mois, je n’ai eu que quatre jours où je n’étais pas au travail», raconte-t-il.

L’appel de Renault

En 2015, Éric Larouche quitte l’Italie et atterrit à Ingolstadt en Allemagne pour travailler chez Audi Sport et, un peu plus tard, chez Toyota. En Allemagne, le Septilien travaille sur des voitures de la série LMP1 pour le World Endurance Championship en division hybride.

L’été dernier, lors de ses vacances annuelles à Sept-Îles, il reçoit une offre d’emploi afin de devenir «Lead Surface Aero Designer» pour la très réputée écurie Renault F1, dont certains garages sont situés à Oxford en Angleterre.

«Je suis la personne qui conçoit, avec les aérodynamiciens, les surfaces aérodynamiques de la voiture de façon à suivre les règlements de la FIA (Fédération International Automobile) et que ce soit possible de les produire physiquement. Ce qui sera différent chez Renault Sport F1 de mes autres emplois en motorsport, c’est que je serai officiellement une référence pour les autres designers en ce qui concerne les méthodologies et les façons de faire la conception de la voiture», explique l’homme de 36 ans.

À la recherche de stabilité

Depuis qu’il a intégré l’équipe Renault F1, Éric aimerait progresser au sein de l’organisation de manière à apporter plus de stabilité dans sa vie professionnelle et familiale

«À moyen terme, j’aimerais pouvoir rester chez Renault Sport F1 pour plusieurs années et progresser dans la team. À vraiment plus long terme, je ne crois pas passer ma vie à l’étranger. Dans plusieurs années, j’aimerais revenir au Canada et travailler moins pour pouvoir passer plus de temps avec ceux que j’aime, aller au chalet, faire de la motoneige et profiter de l’hiver, une saison qui me manque beaucoup», confie le Nord-Côtier.

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