Un problème de main d’œuvre récurrent

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Par Laurence Dupin
Un problème de main d’œuvre récurrent
David Héroux a été réélu au conseil d'administration.

Le gouvernement fédéral a annoncé il y a trois semaines la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et des assouplissements aux règles de l’assurance-emploi suite à la pandémie. De telles mesures aggravent encore un peu plus les problèmes de main d’œuvre sur Sept-Îles.

Des restaurants comme le St Hubert qui peinent à trouver des employés, des commerces dans la même situation… La période de confinement est venue aggraver les difficultés à trouver de la main d’œuvre dans le secteur. Pour le président de la chambre de commerce, David Héroux, le prolongement de la PCU contribue à cette situation difficile, mais elle n’en est pas la cause.

« Il y avait déjà un problème important pour attirer la main d’œuvre sur la Côte-nord. Cette situation a plusieurs raisons. Tout d’abord la majorité des gens ne connaît pas la Côte-Nord. De plus, il y a un réel problème de transports », précise-t-il. « Il faut ajouter à cela les problèmes d’accès à la propriété. Le coût des maisons est élevé et il n’y a pas beaucoup de nouvelles constructions. »

De plus, les minières proposent des emplois beaucoup mieux rémunérés ce qui diminue le bassin de population des personnes qui pourraient aller travailler dans les boutiques ou les restaurants. « La COVID a obligé ces petites entreprises à fermer pendant plusieurs mois. Leurs employés ont donc cherché du travail ailleurs et lors de la réouverture personne n’était là pour les remplacer. Les dommages ont donc commencé à ce moment-là », confie David Héroux. « La PCU n’en est pas la cause. Je ne pense pas qu’il y ait tant de gens que cela qui ont fait le choix de rester sur la PCU que de travailler ici. »

Malgré tout, il reconnaît que le fait que le programme soit prolongé est une déception.  « Notre situation est différente sur la Côte-Nord. Nous n’avons eu que très peu de cas, malgré le nombre important de touristes venus cet été. Heureusement, car cela a donné un véritable coup de main à nos hôtels et nos restaurants. Je ne pense pas que cela va mal ou va mal aller, mais il reste la problématique des centres d’achat qui sont beaucoup moins achalandés. »

La fermeture de certaines grandes chaînes comme David’s Tea, place de Ville, crée un vide flagrant. « Nous allons lancer une campagne pour inciter les habitants à acheter local afin d’encourager nos entreprises. » Lorsqu’on lui parle problème d’approvisionnement : « achetez local, achetez québécois si possible en commandant par Internet si on peut attendre un peu ».

Pour lui, il faut aussi que les entreprises y mettent du leur en faisant connaître leurs produits. « J’ai découvert récemment que Chez Arthur on peut se procurer des produits d’Aguanish, qu’on trouve des pâtes fraîches faites à Sept-Îles chez Provigo ! Nous voulons favoriser l’entrepreneuriat. »

David Héroux insiste aussi sur le fait qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes qui étaient partis au moment de leurs études reviennent s’installer à Sept-Îles pour la qualité de vie. « Il faut garder nos jeunes ici, mais pour cela nous avons beaucoup de travail à faire sur l’attractivité. Nous espérons que le tourisme de cet été va pousser les gens à venir s’installer ici. » Et cette attractivité passe par les transports. « La chambre de commerce est très favorable au projet de coopérative qui est avancé par Trek avec des avions plus grands et des prix raisonnables », conclut-il.

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