« Un important devoir de mémoire en cours » – Joséphine Bacon

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Par Éditions Nordiques
« Un important devoir de mémoire en cours » – Joséphine Bacon
Dans un cadre convivial, l’artiste multidisciplinaire, Johanne Roussy (à gauche), s’est entretenue avec Joséphine Bacon (à droite) à l’Atelier de la 8e île dont elle est la propriétaire. Une conversation poétique qui fut riche en confidence.

Participante au grand rassemblement des aînés des différentes communautés innues, Joséphine Bacon constitue une figure emblématique de la littérature autochtone. À travers ses nombreux ouvrages, elle a su démontrer l’importance des valeurs traditionnelles et contribuer de manière significative à une réconciliation entre les autochtones et les autochtones.   

Éric Martin

D’entrée de jeu, l’auteure déplore le peu d’attention portée aux aînés dans la société. « On a beaucoup à tirer de leurs expériences. Ces personnes sont de véritables encyclopédies. On a beaucoup à apprendre à leur contact », insiste-t-elle. « Quand un aîné part, c’est une mémoire qui part avec eux. Ces aînés ont le savoir. C’est avec eux qu’on peut apprendre. C’est plus fiable qu’un livre d’histoire. Je crois fermement que l’on doit savoir d’où on vient pour avancer. »

Vers la réconciliation

Il ne fait aucun doute que Joséphine Bacon fait partie des gens qui accordent une très grande importance à cette réconciliation en cours entre les autochtones et les allochtones.

« De grands pas ont été faits. Le dialogue se fait de plus en plus cordial. Je me dois de saluer toutes ces initiatives qui contribuent à ce rapprochement. Il y a encore bien du travail à faire, mais on construit sur de solides bases. Il y a beaucoup d’espoir », affirme-t-elle.

Bien sûr, tous ces efforts seront vains si cela ne s’accompagne pas d’un véritable travail de sensibilisation. C’est-à-dire par de l’éducation populaire. « Il faut défaire ces préjugés qui n’ont plus leur raison d’être. Ce travail doit se faire autant chez les autochtones que les allochtones », souligne-t-elle. « Cette ouverture est essentielle si on souhaite établir un réel dialogue sur des bases égalitaires. »

L’histoire se poursuit

À 72 ans, la poétesse mène une étude sur le nomadisme auprès des aînés innus. « Je veux qu’ils me donnent leur vision, qu’ils me disent comment ils nous voient dans 50 ans », explique-t-elle. « C’est ici l’histoire qui se continue. Ce n’est pas tout d’en avoir une. Il faut la poursuivre si on veut éviter qu’elle se meure. Au moins, nous ne sommes plus invisibles. On devient une grande partie de l’histoire et ce n’est en rien de l’appropriation culturelle. »

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