Un feu sacré pour les pleurs des autochtones

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Par Mathieu Morasse
Un feu sacré pour les pleurs des autochtones
Michèle Audette et sa mère Évelyne échangent un regard empreint d'émotion et d'amour lors de la cérémonie du feu sacré. (Photo : Le Nord-Côtier)

Un cycle de près de trois ans a pris fin le samedi 3 août à Maliotenam alors qu’a eu lieu une cérémonie du feu sacré fort émotive, dans lequel ont été brûlées les cendres des larmes versées par des centaines d’autochtones au cours de la quinzaine d’audiences communautaires de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA).

Dans chaque communauté où l’équipe de l’Enquête nationale s’arrêtait pour ses travaux, les autochtones étaient invités à verser leurs larmes dans de petits sacs de papier. À la fin du séjour dans la communauté, tous les sacs et les larmes étaient versés dans un feu sacré afin de libérer et de purifier la toxicité de leurs douleurs.

Les cendres de tous ces feux sacrés ont été amassées puis, dans une cérémonie tenue au Yukon plus tôt ce printemps, brûlées dans un feu sacré. Un pot de ces cendres a toutefois trouvé le chemin de Maliotenam et remis à la mère de Michèle Audette, commissaire à la FFADA, afin qu’une telle cérémonie autochtone puisse être aussi tenue en terre innue.

Une trentaine d’autochtones et d’allochtones se sont réunis autour du feu, dont Michèle Audette, sa mère Évelyne, son conjoint Serge Ashini-Goupil et quelques personnalités politiques innues et québécoises. Mais le cœur du cercle, lui, était formé de femmes et d’homme innus.

Guérison

Autour du feu sacré, les pensées étaient notamment tournées vers les survivantes, les membres des familles, les individus et les communautés qui ont souffert au fil des décennies et des siècles.

Michèle Audette a tenu à préciser qu’il y a aussi beaucoup d’hommes et de garçons autochtones qui n’ont jamais été revus et qui méritent justice, malgré que la FFADA ait été centrée sur les femmes et les filles.

Elle souhaite que chacun puisse guérir et aller de l’avant. Elle a d’ailleurs rappelé que le pardon fait partie de la guérison.

Il a aussi beaucoup été question d’égalité, de respect, d’entraide mutuelle, de courage, de résilience, de rédemption, de réconciliation, de croissance personnelle, d’innovation et d’amour.

Continuer la lutte

La commissaire Audette a invité chacun – autochtones et allochtones – à continuer la lutte autour d’eux pour faire en sorte de changer les choses.

Elle a aussi exhorté les différents gouvernements et conseils de bande à passer à l’action. L’indifférence doit prendre fin et les autochtones ne peuvent pas se permettre que le rapport reste sur une tablette.

Pendant la longue cérémonie autour du feu sacré, les participants ont été invités à réfléchir à leur futur. Qui sait quelles inspiration et détermination ils y ont puisées pour leurs actions futures, grandes et petites…

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