Soulager ses douleurs à l’Élyme des sables

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Par Mathieu Morasse
Soulager ses douleurs à l’Élyme des sables
Suzanne Cassista, la directrice générale de l’Élyme des sables, un endroit où l’aide médicale à mourir entre ses murs est permis pour des motifs humanitaires.

La légalisation de l’aide médicale à mourir a obligé les maisons de soins palliatifs à réfléchir sur leur rôle. L’Élyme des sables a choisi de prioriser sa mission palliative et le traitement de la douleur, tout en autorisant l’aide médicale à mourir entre ses murs pour des motifs humanitaires.

Suzanne Cassista, directrice générale de l’Élyme des sables, explique que son organisme fait partie d’une minorité de maisons de soins palliatifs à autoriser que leurs patients y reçoivent l’aide médicale à mourir.

Elle rapporte que le personnel et les administrateurs trouvent inconcevable de devoir renvoyer les patients à l’hôpital pour leur permettre de recevoir l’aide médicale à mourir. Ils refusent toutefois que l’établissement devienne un mouroir où les patients arrivent à la dernière minute uniquement pour recevoir le traitement.

«On ne souhaite pas ça, car il y a une charge émotive liée à l’accompagnement du patient et des proches», souligne-t-elle.

Seuls les patients qui demandent l’aide à mourir alors qu’ils sont déjà admis à l’établissement peuvent donc l’y recevoir. Le traitement est alors offert par du personnel du CISSS de la Côte-Nord.

«Il y a une nuance entre accepter que la personne reçoive les soins ici et les donner nous-mêmes», affirme-t-elle.

Soulagement

La directrice de l’Élyme des Sables est convaincue que l’aide médicale à mourir n’est pas demandée par les gens qui reçoivent de bons soins palliatifs. Certaines personnes arrivant du domicile avec une douleur incontrôlable demandent l’aide à mourir.

«Parfois, ça prend juste un meilleur suivi de la médication, de comment elle est donnée, de trouver la bonne dose. Et là, on retrouve le contrôle. On a du personnel qui ne fait que ça», note-t-elle.

«Souvent, quand on soulage leurs douleurs, ils n’en parlent plus», ajoute-t-elle.

Ses statistiques semblent lui donner raison. Depuis décembre 2015, plusieurs patients de l’Élyme des sables ont demandé à recevoir l’aide médicale à mourir, mais un seul d’entre eux a reçu le traitement.

Certains ont retiré leur demande, tandis que d’autres sont devenus inaptes à donner leur consentement à cause de l’évolution de leur état de santé ou de la médication.

«Tant que j’ai la confirmation que ces gens-là ont reçu des bons soins palliatifs, que leur douleur a été soulagée comme on peut le faire et que malgré tout ça, ils demandent l’aide médicale à mourir, alors c’est correct, on va procéder», résume-t-elle.

 

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