Sept-Îles 2013 : Un vent de changement souffle à la mairie

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Par Fanny Lévesque
Sept-Îles 2013 : Un vent de changement souffle à la mairie

Les Septiliens ont choisi de faire confiance à Réjean Porlier pour les quatre prochaines années. Le syndicaliste et citoyen bien connu l’a emporté en récoltant 29,31% des voix. C’est à peine 1% de plus que son plus proche rival, Jonathan Martel. La lutte, qui opposait cinq candidats, a donc été chaude jusqu’à la dernière minute. Il aura même fallu attendre le dépouillement de la dernière boîte, vers 22h45 avant de proclamer M. Porlier vainqueur.

Réjean Porlier, qui s’est notamment fait connaître pour ses opinions tranchées au sujet du projet controversé d’exploitation d’une mine d’apatite à ciel ouvert dans le canton Arnaud, a réussi à maintenir son avance tout au long de la soirée électorale, qui s’est transportée comme à l’habitude, au centre socio-récréatif. Le président provincial du Syndicat des technologues d’Hydro-Québec a été le seul candidat à qualifier le projet minier d’inacceptable dans sa forme actuelle.

Porlier s’est aussi prononcé en faveur de la tenue d’un référendum consultatif sur le projet Arnaud, comme l’ont demandé 5000 Septiliens dans une pétition. C’est d’ailleurs lui, qui avait déposé le document à l’Hôtel de Ville au printemps dernier. Lors de son discours, l’homme de 50 ans a voulu clarifier sa vision du développement économique.

«Je vais le dire une bonne fois, et j’espère que ça sera entendu. Réjean Porlier n’est pas contre le développement, mais il n’est pas pour le développement à tout prix», a-t-il lancé. «Il y a un projet que j’ai questionné et si tout le monde a vu le même BAPE [Bureau d’audiences publiques sur l’environnement] que moi, je pense qu’on avait raison de le faire.»

Le nouveau maire a aussi souhaité lancer un message à la classe économique septilienne, chez qui il ne faisait pas l’unanimité. «Je ne vois pas pourquoi les gens d’affaires seraient inquiets parce que ma campagne a été menée en disant qu’on allait faire une place importante aux citoyens», a-t-il exprimé. «Je ne peux pas croire que les gens d’affaires de Sept-Îles aient de la difficulté à ce que les citoyens se mêlent de leurs affaires», a-t-il martelé sous un tollé d’applaudissements.

Martel perd par 113 voix
Le trentenaire, Jonathan Martel, a bataillé jusqu’à la toute fin contre Réjean Porlier pour finalement amasser 28,27% des voix. «À mon avis, le vote des indécis s’est partagé entre Réjean et Rodrigue [Vigneault], a-t-il exposé. Je n’aurais jamais pensé que ça aurait été aussi serré. Je suis serein avec la décision des gens, j’ai la satisfaction d’avoir tout donné ce qui était en mon pouvoir», a ajouté le gestionnaire de projets chez Golder Construction.

Pour le gagnant, que M. Martel arrive deuxième dans la course témoigne que les Septiliens étaient vraiment mûrs pour du changement. «Je pense que le signal est clair, les citoyens veulent vraiment passer à autre chose», a fait valoir M. Porlier, qui a d’ailleurs misé sur l’importance du citoyen au cœur de l’administration municipale pendant sa campagne. «L’endroit où on peut faire avancer nos idées, peu importe d’où elles viennent», a-t-il revendiqué.

Déception chez Vigneault et Lévesque
Le président de la Commission scolaire du Fer, Rodrigue Vigneault a terminé troisième, avec 26,45% des voix. «Je le dis et je l’ai répété souvent : j’aime ma ville et j’en suis fier, a rappelé le candidat Vigneault après la défaite. Jamais je n’oublierais cette expérience et je vais suivre de près les dossiers qui ont été portés à mon attention durant la campagne.»

Pour le conseiller sortant de l’administration précédente, la défaite a été grande. Martial Lévesque n’est parvenu qu’à récolter 14,22% du vote. «C’est certain que je suis déçu, a-t-il confié au Journal. La politique m’aura fait grandir pendant 16 ans, j’ai donné beaucoup, mais maintenant, je vais m’occuper de mes affaires et de ma famille.» Martial Lévesque a d’ailleurs déjà annoncé son retrait de la vie politique.

L’entrepreneure et barmaid, Linda Lachance est repartie avec 1,75% des voix. «J’ai aimé mon expérience, j’aurais aimé avoir plus de temps pour faire campagne, a-t-elle exprimé. Il y a quand même près de 200 personnes qui m’ont fait confiance, c’est super et je les remercie.»

Réjean Porlier succède à Serge Lévesque, qui n’a pas sollicité de deuxième mandat, notamment pour des raisons familiales. Le taux de participation à l’élection a atteint 51,2%.

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