Saumon: Remise à l’eau obligatoire pour préserver la ressource

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Par Éditions Nordiques
Saumon: Remise à l’eau obligatoire pour préserver la ressource

Face à la diminution importante des montaisons de saumon atlantique observée depuis deux ans dans les rivières québécoises, le ministère de la Faune a pris la décision d’obliger la remise à l’eau des grands saumons en début de saison, à l’exception des rivières Moisie et Natashquan, ainsi que Causapscal en Gaspésie et celles du Nord-du-Québec.

Cette décision a été annoncée dans le cadre du Plan de gestion du saumon atlantique 2016-2026 à la suite d’un vaste processus de consultation. «La gestion du saumon atlantique devait être optimisée pour s’adapter à la situation actuelle, caractérisée notamment par de faibles montaisons par rapport à ce qu’elles étaient historiquement. Le plan de gestion du saumon atlantique a ainsi pour but de favoriser la restauration des populations et de maximiser les retombées économiques», a expliqué le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard.

La décision du ministère entrera en vigueur le 1er avril. La remise à l’eau sera aussi obligatoire pour tous les grands saumons pêchés en dehors des rivières à saumons, par exemple le fleuve Saint-Laurent. Le ministère limite également le nombre de prises et de possession quotidienne à un maximum de deux par jour. «Nos efforts d’ensemencement dans certaines rivières ciblées devraient également contribuer à la restauration de populations de saumons», mentionne le ministre Lessard.

La Fédération québécoise de saumon atlantique (FQSA) «endosse la majorité des modalités annoncées, dont la remise à l’eau des grands saumons en début de saison». La fédération souhaitait cependant qu’un «bilan complet, rivière par rivière, soit réalisé pour cerner l’impact de la gestion du saumon des dernières décennies et pour adapter les modalités en conséquence».

«Le ministre doit s’engager à traiter plusieurs autres sujets, dont notamment la protection de la ressource, la mise en valeur des habitats, le prélèvement autochtone et le développement de la pêche sportive. Un plan de gestion doit contenir l’ensemble des facteurs pouvant influencer la conservation de l’espèce ainsi que les mesures permettant l’optimisation des retombées socioéconomiques», a mentionné le président de la FQSA, Jean Boudreault.

Inquiétude à Rivière-Saint-Jean

L’Association de la pourvoirie de la rivière Saint-Jean en Minganie affirme que le nouveau plan de gestion «risque de mettre en péril la Pourvoirie de la Haute Saint-Jean». La pourvoirie qui fête ses 30 ans et emploie une trentaine de travailleurs saisonniers «recommande d’adopter une approche de gestion, rivière par rivière, mieux adaptée aux conditions particulières des grandes rivières de la Côte-Nord, telle que la Saint-Jean, qui se caractérisent par des montaisons tardives de petits saumons».

La pourvoirie affirme que «la dernière saison s’est démarquée par des remontées exceptionnelles de saumons, qui se sont maintenues du début jusqu’à une période tardive en saison». L’association se questionne aussi pourquoi la Saint-Jean ne fait pas partie des cas d’exception comme c’est le cas pour la Moisie et la Natashquan. Ces derniers ont interpellé le ministre par lettre.

La pêche au saumon atlantique dans la province représente 15 000 permis de pêche vendus annuellement et des retombées économiques de 50 millions $.

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