Rejet du projet de loi sur les mines : «C’est presque devenu une farce» – Serge Lévesque

Photo de Fanny Lévesque
Par Fanny Lévesque
Rejet du projet de loi sur les mines : «C’est presque devenu une farce» – Serge Lévesque

Le maire sortant de Sept-Îles, Serge Lévesque, accueille avec beaucoup de déception le troisième rejet du projet de loi sur les mines. La mouture des péquistes n’a pas tenu bon devant les caquistes et les libéraux, qui ont fait avorter le projet de révision lors d’un vote en Chambre, le 30 octobre. C’est donc un retour à la case départ pendant que Sept-Îles jongle avec le projet controversé d’exploitation d’une mine d’apatite sur son territoire.

«Je suis grandement déçu, a laissé tomber le maire sortant, Serge Lévesque. J’ai l’impression que c’est presque devenu une farce après trois tentatives.» La Ville, qui a présenté des mémoires à trois reprises en commission parlementaire, avait fait plusieurs recommandations à Québec, notamment en matière de gestion du territoire. «La Loi sur les mines a préséance sur tout, a lancé le maire Lévesque. Par exemple, on pourrait développer un projet minier en plein boulevard Laure et nous n’aurions pas un mot à dire, c’est un non-sens.»

Sept-Îles revendiquait que le gouvernement octroie entre autres, plus de pouvoirs aux municipalités, ce que promettait la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet. Les pouvoirs discrétionnaires qu’elle se réservait, comme un droit de veto, ne faisaient par contre pas l’unanimité sur la scène politique, ni dans l’industrie. «Nous avions aussi une certaine réserve sur ce droit de veto, mais Mme Ouellet nous avait assuré qu’elle consulterait les municipalités avant de l’utiliser», a expliqué M. Lévesque.

Acceptabilité sociale
Le projet d’exploitation d’une mine d’apatite dans le canton Arnaud divise les Septiliens, qui se disent inquiets des répercussions que le projet minier risque d’entraîner sur l’environnement et la santé publique. Dans ce contexte, le maire sortant aurait aimé pouvoir compter à tout le moins, sur une loi-cadre définissant la notion d’acceptabilité sociale. «Un peu comme le gouvernement l’a fait pour le concept du développement durable, qui s’articule autour de 16 grands principes, a-t-il proposé. C’est dommage.»

Plusieurs de réactions
La Coalition pour que le Québec ait meilleure mine a pour sa part qualifié «d’irresponsable» la décision des partis d’opposition de bloquer le projet de révision de loi. «Il s’agit d’un geste d’autant plus irresponsable que la ministre Ouellet avait clairement démontré de l’ouverture à apporter des changements concernant les principaux points litigieux soulevés par l’opposition. Le projet de loi reprenait jusqu’à 90% des propositions du gouvernement libéral précédent. En principe, on n’était donc pas loin du consensus», a martelé le porte-parole, Ugo Lapointe.

L’Association minière du Québec (AMQ) avait pour sa part plusieurs réserves sur le projet de loi du gouvernement Marois. «Dans sa forme proposée, le projet de loi 43 aurait grandement nui au développement minier au Québec, a fait valoir la présidente-directrice générale, Josée Méthot. L’AMQ avait formulé 59 recommandations qui auraient permis de maintenir ici une activité minière forte, dans le respect des gens et de l’environnement. Force est de constater que les partis d’opposition avaient eux aussi des réserves sur ce projet de loi.»

(Photo : courtoisie – Compagnie minière IOC)

Partager cet article