Raphaëlle de Groot: Un agréable séjour artistique en Minganie qui tire à sa fin

Raphaëlle de Groot: Un agréable séjour artistique en Minganie qui tire à sa fin

Parmi les traces laissées de ce parcours artistique, on retrouve de multiples photographies sur lesquelles Véronique de Groot a porté une attention particulière dans son atelier à Havre-Saint-Pierre.

Crédit photo : Courtoisie

De concert avec la Réserve de Parcs national de l’Archipel-de-Mingan, l’artiste Raphaëlle de Groot poursuit son projet «Subsistances». De la fin mai à la mi-juin, elle se déplacera sur l’ensemble du territoire de la Minganie pour faire appel à la participation des gens de différentes communautés pour une dernière fois.  

À travers sa démarche, Raphaëlle de Groot s’intéresse aux rapports entretenus par les populations nord-côtières à l’égard de l’archipel et du territoire qui les entourent. «Ça va beaucoup plus loin que la beauté de son paysage.  Je vais saisir ce qui amène les gens à s’y établir et à y demeurer. L’objectif n’est pas ici de construire des œuvres permanentes. C’est plutôt de faire quelque chose de temporaire, d’événementiel qui sollicite leur participation de diverses manières», insiste-t-elle.

Cet élément récurrent dans son parcours artistique explique sûrement pourquoi elle a été choisie par l’une de ces commissaires, Véronique Leblanc. «J’aime cette rencontre avec les gens. Tout au long de mon séjour, je les ai invités à produire des traces que j’utilise dans mon travail. Elles peuvent prendre diverses formes. J’essaie de trouver cette porte d’entrée qui laisse à l’autre une place véritable pour se raconter. On me laisse libre de choisir le chemin à emprunter», indique-t-elle.

Une immersion complète

Étant la seule artiste québécoise parmi les onze choisis pour mener ce projet dans l’ensemble du Canada, elle désirait plus que tout le faire au Québec. C’est ce qui l’a amené à s’établir en Minganie au cours de l’été 2016. «Ma famille s’est jointe à moi. Je voulais vivre une immersion complète. Ça fait en sorte que mon regard s’est ouvert vers la Côte, constate-t-elle. Je me suis mis à voir tous les villages qui la bordent. Ces différences culturelles me passionnent.»

Ce champ d’intérêt l’a amené à s’intéresser à la transformation des modes de vie. «La manière d’habiter le territoire a considérablement changé, même si certaines traditions persistent. Ça diffère aussi selon les saisons. L’accès à la route a changé la dynamique dans plusieurs villages. Je me considère avant tout comme une cueilleuse. On peut faire ici un lien avec la chasse qui était auparavant un important mode de subsistance. Ça vient teinter tout le processus», affirme-t-elle.

La dernière étape

Inspirée par le mode de vie autochtone, Raphaëlle de Groot s’apprête à entreprendre un voyage performatif qui l’amènera à faire escale dans plusieurs villages de la Minganie sur un territoire de 200 km s’étendant de Longue-Pointe-de-Mingan à Nutashquan.

À ces endroits, un campement-exposition sera érigé, des objets-bagages seront transportés, des moments seront partagés avec les participants et les visiteurs et un film sera produit en collaboration avec l’organisme La Boîte Rouge Vif. Cette œuvre sera appelée ensuite à circuler dans le cadre de son événement national prévu du 10 au 25 juin 2017.

Parmi les fenêtres créées pour suivre le déroulement de ce projet artistique sur le terrain, il y a une page Facebook : subsistances 2017.