Quel avenir pour les hebdomadaires?

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Par Nicolas Dupont
Quel avenir pour les hebdomadaires?

À l’ère du numérique et de l’information gratuite, quel est l’avenir pour les médias d’information? Bien qu’il croie plus que jamais en la pertinence de ses hebdomadaires, le propriétaire des Éditions Nordiques, Simon Brisson, se pose la question.

Comme plusieurs groupes de médias d’information, les Éditions Nordiques étaient invitées à partager leur point de vue sur l’avenir des médias d’information. L’annonce de la faillite du Groupe Capitales Médias il y a quelques semaines a précipité la tenue d’une commission parlementaire sur ce sujet à l’Assemblée nationale.

Syndicats, patrons, représentants de quotidiens ou d’hebdomadaires de région, tous ont un message commun : les revenus publicitaires baissent au profit des géants du numérique et la situation est critique.

Portrait des Éditions Nordiques

Les Éditions Nordiques comptent quatre hebdomadaires, soit Le Charlevoisien, Le Nord-Côtier, Le Manic et le Journal Haute-Côte-Nord. Cela représente quelque 57 000 journaux papiers chaque semaine, distribués à autant d’adresse entre Petite-Rivière-Saint-François et Natashquan. Les équipes de journalistes du groupe publient entre 80 et 110 nouvelles par semaine.

Entre 2013 et 2018, le groupe a enregistré une diminution des revenus publicitaires d’environ 20 %. En cinq ans, plusieurs mesures ont été prises pour compenser ces pertes. Le nombre d’employés est passé de 104 à 75. Malgré tout, les 13 postes de journalistes ont été maintenus et la quantité de nouvelles publiées n’a pas diminuée.

Situation paradoxale

« On n’a jamais été autant consulté, tant sur le papier que sur le web. Mais nos revenus ne viennent pas du web. Le modèle pour s’adapter à la transformation des médias, on ne l’a pas. Personne ne l’a et tout le monde le cherche », explique M. Brisson.

Au mois d’avril 2019, les quatre journaux ont totalisé 575 000 pages vues sur ses différents sites web. Or, seulement 2% des revenus proviennent des plateformes numériques.

De plus, M. Brisson indique que les revenus provenant des annonceurs locaux ont augmenté au cours de la dernière année. Ce sont les revenus provenant de campagnes publicitaires nationales qui fondent. « Les agences de publicités ne placent pratiquement plus dans les hebdos. Ils font des placements publicitaires sur Google, Facebook. Pour eux, les hebdomadaires n’existent pratiquement plus. »

De l’information essentielle

Afin de faire face à l’avenir, tant les Éditions Nordiques qu’Hebdos Québec demandent au gouvernement un soutien. Tout d’abord, des mesures pour soutenir l’embauche de journalistes. Ensuite, un support pour adapter les hebdomadaires aux changements numériques.

Simon Brisson croit toujours dur comme fer à la pertinence des hebdomadaires régionaux et à l’importance de l’information qu’ils diffusent. Ses hebdomadaires ne sont pas en danger immédiat.

« L’information régionale a une place. Il faut qu’elle reste là. Est-ce qu’elle va encore être sur du papier journal? Je ne le sais pas. Est-ce qu’elle va être sur le web? Je ne le sais pas. Comment l’information va être diffusée, personne n’a la recette. »

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