Production Manitu, porteur de connaissances traditionnelles innues depuis plus de 30 ans

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Par Éric Martin
Production Manitu, porteur de connaissances traditionnelles innues depuis plus de 30 ans
Eddy Malenfant (à droite), cofondateur de Production Manitu, dans les locaux de l'Atelier de la 8e Île avec Johanne Roussy

Eddy Malenfant a fondé Production Manitu il y a plus de 30 ans, en compagnie d’Évelyne St-Onge, Céline Vollant et de Shakani (Zacharie) Bellefleur. À travers divers projets, cette boîte de production a contribué à la transmission des connaissances traditionnelles innues. Cette mission a contribué à garder bien vivante cette culture ancestrale.

Fait intéressant, la naissance de cette boîte de production remonte au tournage du premier clip de Kashtin sur la rivière Manitu. « On a tellement aimé le faire quand on a voulu continuer à réaliser d’autres projets cinématographiques. On utilise la vidéo pour transmettre des connaissances traditionnelles innues. Nous en sommes aujourd’hui à près de 70 documents audiovisuels et 13 livres éducatifs qui sont utilisés dans les écoles innues », souligne M. Malenfant.

Un apport impressionnant

Au départ, des aînés de la communauté innue avaient été rencontrés pour déterminer les connaissances traditionnelles innues importantes à transmettre à la jeunesse autochtone. À ce jour, Innu Aitun qui comporte 13 documents constitue l’héritage le plus précieux. On y parle, entre autres, de spiritualité et d’artisanat. Les livres éducatifs comportent environ 30 heures de contenu audiovisuel.

« Il fallait au départ numériser toutes ces images. Ce fut tout un défi. On les rend ensuite accessibles sous forme d’outils pédagogiques que les gens peuvent consulter à leur guise. On ne s’adresse pas uniquement aux Innus. Je vous assure que la technologie ne me fait pas peur. J’ai adopté la 3D depuis un bon moment », renchérit Eddy Malenfant.

Cette effervescence de la culture autochtone enchante M. Malenfant, qui voit le tout d’un très bon œil. « On parle de plus en plus de nous. L’ouverture se fait de part et d’autre. Pour les jeunes, ce qu’on transmet comme connaissance est du nouveau », mentionne-t-il. « On les met en contact avec leur propre culture. Je fais partie du comité artistique de la Wapikoni (studio mobile de production audiovisuelle qui se promène dans les communautés autochtones). Notre approche n’a rien de directif. »

Un acteur important

La plus récente production consiste en un livre numérique sur l’un des fondateurs de cette boîte de production, Shakani (Zacharie) Bellefleur. « C’est de lui qu’on puise nos connaissances. Il est notre référence. Il a été notre premier président. Aujourd’hui, c’est sa femme Céline (Vollant) qui occupe ce rôle. Il est toujours bien vivant. Il en est le principal porteur », déclare M. Malenfant.

Pour ceux qui l’ignorent, ce dernier a déjà été chef de la communauté de Unamen Shipu. Il est à l’honneur dans le plus récent vidéoclip de Claude McKenzie (membre du duo Kashtin). « Ce que Florent (Vollant) raconte de la crise d’Oka est vrai, mais ça ne résume pas complètement ce conflit », tient-il à préciser. « C’est beaucoup plus complexe que ça. Cependant, ça a fait renaître des préjugés qui étaient enterrés pas si profondément. Aujourd’hui, nous n’en sommes plus là. L’entente avec les Cris représente du positif. »

Il a déposé un projet sur le nomadisme auprès du Conseil des arts du Canada. Il est en attente d’une réponse, mais il demeure optimiste. Il faut dire qu’il a déjà beaucoup de matériel en banque pour la réalisation de ce projet.

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