Une Port-Cartoise empêche ce qui aurait pu tourner au drame

Une Port-Cartoise empêche ce qui aurait pu tourner au drame

La Port-Cartoise Nedjma Bensoussan admet qu’elle aimerait bien savoir ce qu’il est advenu de l’homme en détresse respiratoire qu’elle a aidé dans l’autobus Intercar faisant la liaison Québec/Sept-Îles le 4 juillet dernier.

Crédit photo : courtoisie

Un homme qui se rendait en autobus vers Sept-Îles pour une intervention médicale aux poumons a dû être hospitalisé suite à des difficultés respiratoires. C’est une dame de Port-Cartier, formée en secourisme, qui a intervenu en attendant l’arrivée des ambulanciers.

Un trajet particulièrement éprouvant attendait les passagers de l’escale Québec-Sept-Îles du 4 juillet dernier. Nedjma Bensoussan revenait d’un rendez-vous médical à Québec par autobus. Elle raconte qu’aux environs de Forestville, un homme a embarqué à bord du véhicule de la compagnie de transport Intercar.

«Je sortais de l’hôpital, donc j’étais un peu endormie, sous l’effet des sédatifs. Quand cet homme s’est assis devant moi, je me suis réveillée». Peu de temps après s’être assis, l’homme a commencé à faire des gestes désordonnés et à montrer des signes de difficultés respiratoires», a raconté la Port-Cartoise.

«Quand j’ai vu ça, l’adrénaline a monté d’un coup et je me suis levé. Il m’a dit qu’il avait des problèmes aux poumons et qu’il étouffait. Voyant qu’il commençait à changer de couleur, j’ai dit à mon conjoint de faire appeler une ambulance par la chauffeuse», explique-t-elle.

Retraitée, Mme Bensoussan prend soin de personnes âgées à Port-Cartier et est formée en tant que secouriste. Elle explique avoir fait de son mieux pour rassurer et calmer l’homme en attendant la venue des ambulanciers.

«Il s’est mis à pleurer. Son pouls était très rapide aussi. Pour calmer son hyperventilation, je lui ai fait faire des exercices de respiration. Comme il avait tendance à vouloir perdre conscience, je lui parlais constamment pour ne pas qu’il s’endorme jusqu’à l’arrivée des secours. Quand on intervient dans une telle situation, c’est important de garder la personne consciente».

Au bon endroit, au bon moment

Nedjma Bensoussan demeure humble devant les circonstances.

«Je n’ai rien fait de spécial, je n’ai pas posé de gestes médicaux. Je crois que n’importe qui aurait pu faire ce que j’ai fait, mais il devrait y avoir des mesures prises à l’avenir. Si ce n’est une formation aux chauffeurs, qu’il y ait au moins une trousse de premiers soins complète à bord. On ne peut pas demander à ce qu’une infirmière suive tous les patients, je ne crois pas que ce soit la solution».

Elle déplore néanmoins la situation que l’homme a vécue et ce dont elle a été témoin.

«Il m’expliquait qu’il y a un petit dispensaire d’où il vient et qu’on l’a tout simplement envoyé vers un autre centre. Ce n’est pas humain, comment peut-on laisser un homme dans un tel état de santé prendre l’autobus seul? Sans famille, était laissé à lui-même. Ça n’a pas de bon sens, cet homme a des droits», affirme-t-elle.

CISSS

Au CISSS Côte-Nord, on affirme avoir des informations partielles sur le cas en question. L’adjointe au PDG et responsable des relations médias, Sandra Morin, explique les procédures quant au transport de patients.

«Si la personne est déjà hospitalisée et doit recevoir des soins ailleurs, c’est le système de santé qui la prend en charge. Ça sera en ambulance ou en avion. Si la personne est chez elle et a un rendez-vous médical ailleurs sur le territoire, c’est le médecin qui jugera si oui ou non il y aura un accompagnateur avec elle. Souvent, ça sera quelqu’un de la famille», mentionne-t-elle. Il semble toutefois ne pas y avoir d’alternatives pour les personnes seules ou laissées à elles-mêmes.

«Si la personne est seule, elle prendra l’autobus. Encore là, c’est le médecin qui juge si la personne est apte à le faire», précise Mme Morin, qui insiste sur le fait que c’est au médecin que revient la responsabilité d’évaluer les cas.

Les besoins des patients d’abord

Louise Tanguay, qui était aussi dans l’autobus cette journée-là, est une habituée des transports Québec-Sept-Îles.

«Ça fait plusieurs fois que je vois des cas particuliers de patients transférés d’un endroit à l’autre. Mais c’est la première fois que je vois une situation assez grave pour qu’une ambulance soit requise. Une chance que la dame était là! Je l’ai trouvée courageuse et c’était encore plus admirable étant donné son propre état», fait-elle valoir.

Étant donné les trajets en autobus qui peuvent être longs et éprouvants, elle se questionne sur les moyens de rendre plus humain le transport de patients.

«Le réseau de la santé semble être conçu pour les médecins et non pour les malades. Pourquoi ne pas déplacer un médecin plutôt que 20 patients? Bref, les besoins des médecins semblent être davantage considérés», croit-elle.