La pièce Les Belles-sœurs à Sept-Îles pour ses 50 ans  

La pièce Les Belles-sœurs à Sept-Îles pour ses 50 ans   

La Troupe de théâtre La Patente donne 10 représentations du classique Les Belles-sœurs cet été.

Crédit photo : Sarah-Émilie Hébert-Marcoux

La Troupe de théâtre La Patente a réussi à obtenir les droits de présentation pour Les Belles-sœurs et produira ainsi cet été l’une des pièces les plus marquantes du répertoire québécois.

Pour les 50 ans de la pièce Les Belles-sœurs de Michel Tremblay, c’est la version comédie musicale qui roulera dans quelques villes du Québec cet été. Étant donné que la production ne s’arrêtait pas sur la Côte-Nord, la Troupe de théâtre La Patente s’est donnée comme mission de trouver un moyen de la présenter. Sept-Îles sera donc l’un des seuls endroits où la pièce sera produite dans sa version originale. Sarah-Émilie Hébert-Marcoux, qui est metteure en scène avec Marc Lavoie, explique que la troupe a dû travailler fort pour obtenir les droits de présentation.

«C’était important pour nous que les gens de la région puissent aussi voir la pièce. On a été pris au sérieux par ceux qui détiennent les droits. C’est l’historique de production de La Patente couplée à la place qu’elle occupe dans le théâtre amateur régional qui les ont convaincus», affirme-t-elle.

15 femmes sur scène

Du 17 juillet au 16 août, il sera possible de voir la pièce maîtresse de Michel Tremblay au petit théâtre du Centre socio-récréatif. La production, 100% féminine, réunira 15 comédiennes sur scène. Un véritable défi en soi, explique la metteure en scène.

«Avec cinq semaines de représentations, il fallait trouver des gens qui ne s’absenteraient pas de l’été! Au final, on a une méchante belle distribution de filles, c’est assez impressionnant, vous allez voir», soutient-elle.

Âgées entre 19 et 65 ans, les comédiennes agissent toutes à titre de bénévoles. Il en est de même pour toute l’équipe de La Patente. Depuis près de 45 ans, la troupe de théâtre, bien qu’ «amateur», se fait un point d’honneur de produire des spectacles de grande qualité, avec un jeu d’acteur travaillé et des décors bien réalisés. Mme Hebert-Marcoux assure qu’il en sera de même pour Les Belles-sœurs, leur 86e production.

«C’est une grosse pièce, un véritable tour de force pour la troupe. Mais ça va extrêmement bien parce qu’on est tous sur le même pied. On croit tous que c’est une pièce importante qui doit être rendue avec justesse et respect.»

Une production qui frappe

L’équipe est en préparation depuis février pour livrer une performance optimale.

«C’est vibrant à jouer. Les Belles-sœurs, c’est monté comme une tragédie grecque, il y a donc beaucoup de chœurs dans la pièce. Quand dix actrices récitent en chœur, ça fait tout simplement lever le poil sur les bras. Et c’est sans compter tous ces monologues très forts qui viennent instantanément nous chercher», mentionne Mme Hébert-Marcoux.

L’histoire dépeint la tragédie du quotidien dans un quartier populaire, où la routine laisse peu de place à la joie. Germaine Lauzon, femme au foyer, vient de gagner un million de timbres. Elle invite ses amies et voisines pour l’aider, mais l’ambiance se détériorera rapidement.

«La misère et l’aliénation s’articulent différemment d’une époque à l’autre, mais une grande partie provient de l’intérieur des gens, ce qui fait qu’on peut encore, 50 ans plus tard, s’identifier et se sentir interpellé par la pièce.»

Texte percutant

La troupe s’étant donné le mandat de respecter le texte à 100%, la metteure en scène affirme que certaines choses pourraient surprendre, voire choquer les spectateurs.

«Mais il faut se replacer à l’époque du milieu des années 60 et s’imaginer comment les femmes pensaient, comment leurs relations avec les hommes étaient, les relations de travail, comment le sexe était perçu aussi», souligne Mme Hébert-Marcoux. «Il y a des passages assez crus qui me choquent encore à chaque fois, des choses qui sont surprenantes et qui sont dures à entendre. Mais en même temps, c’est ce qui fait que c’est si fort», conclut-elle.