Naomi Fontaine déclare son attachement profond à la culture innue

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Par Éric Martin
Naomi Fontaine déclare son attachement profond à la culture innue
À l’écrit, Naomi Fontaine poursuit dans la même voie qu’auparavant et cherche toujours à faire tomber des barrières entre les autochtones et les allochtones.

À travers des échanges fictifs avec une véritable correspondante, il ne fait aucun doute que le troisième livre de Naomi Fontaine, Shuni, constitue un hommage vibrant aux Innus. Dans cette œuvre littéraire, l’auteure démontre un très grand amour envers ses semblables. Elle offre assurément un discours rempli d’espoir.

Un constat ressort clairement de ce livre. Naomi Fontaine affirme haut et fort son amour à l’égard de sa culture. « Je le vois comme un hommage à l’endroit d’où je viens (Uashat mak Mani-utenam) et aux valeurs que l’on m’a transmises. Le tout ne se fait pas dans un esprit de confrontation. Au contraire, cette discussion que j’ai avec cette correspondante demeure très amicale », trouve-t-elle important de préciser.

Une vue d’ensemble plus complète

Contrairement à Kuessipan, son premier roman qui a été transposé au cinéma, l’auteure se donne la peine d’expliquer les portraits. « Cette personne avec qui j’échange est venue à notre rencontre avec de très bonnes intentions. Il n’en demeure pas moins qu’elle a besoin de nous connaître », soutient-elle. « Être Innu, c’est la plus belle chose qui pouvait m’arriver ».

Cette fierté, elle essaie aussi de la transmettre dans Shuni à son fils à qui elle donne le pseudonyme affectif de petit ours. « Il partage ma vie. Il est la personne la plus importante dans ma vie. Nous entretenons une relation assez fusionnelle », confie-t-elle. « Il est un personnage de ce live. Il constitue mon plus grand espoir dans la vie ».

Élevé à Québec, ce dernier se sent très souvent différent des autres. Un ressenti que Naomi Fontaine partage en commun avec lui. « Je revis des choses à travers lui. J’ai déjà voulu être blanche. Aujourd’hui, je réalise qu’être différente est une force. C’est en sortant plusieurs fois de ma zone de confort que je l’ai réalisé. Je crois que la plus grande richesse qu’on a en tant qu’humanité n’est en rien les richesses naturelles, mais notre culture », affirme-t-elle avec une très grande fierté.

Une culture fragilisée qui se solidifie

Dans ce même ordre d’idée, la femme de 32 ans s’inquiète également de la survie de sa culture même si elle entrevoit aujourd’hui beaucoup plus d’espoir qu’auparavant. « En voir certaines (des cultures) qui s’éteignent, c’est triste. C’est difficile de s’imaginer tout ce que ces gens peuvent perdre. Il faut être persuadé que notre culture est la meilleure », avance-t-elle. « Après, on peut s’ouvrir à l’autre. Le racisme part toujours d’un doute. Quand on est sûr de soi, on ne craint pas l’autre. On n’essaie pas de lui prouver qu’on est supérieur ».

Même si elle a grandi à Québec, force est de constater que ses racines demeurent fortes. « Mon identité n’est pas reliée au lieu où j’habite », insiste-t-elle. « Aujourd’hui, j’ai le choix d’y vivre ou de vivre ailleurs et je m’y sens tout aussi bien. Je savoure cette liberté que me procure la vie hors réserve. Un concept qui n’est en rien innu puisque nous étions un peuple nomade ».

Un véritable esprit de communauté

Les valeurs communautaires dont elle fait preuve semblent être un point commun qu’elle partage avec ses semblables. « Je cherche à faire tomber les préjugés. Je m’y prends de différentes manières. Je veux que les gens apprennent à nous connaître. Ensuite, ils pourront nous juger. Le film Kuessipan joue très bien ce rôle. On entre dans le quotidien des Innus », souligne-t-elle.

Cette incursion dans le milieu du cinéma lui a permis de réaliser le talent des gens issus de sa communauté. « On est littéralement fait pour jouer dans des films », enchaîne celle qui travaille présentement sur l’adaptation au petit écran de son deuxième roman, Manikanetish. Un projet en voie de développement qui mettrait à l’avant-plan des jeunes. « Ils sont pour moi une très grande source d’inspiration. Ils sont résistants et j’ai voulu comprendre d’où leur vient cette force. Je n’ai aucun doute sur l’avenir de ma communauté ».

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