Michèle Audette était très émue en recevant son doctorat honorifique

Michèle Audette était très émue en recevant son doctorat honorifique

Michèle Audette était très émue lors de la cérémonie tenue mardi soir.

Crédit photo : capture d'écran

L’Université de Montréal a remis un doctorat honoris causa en science politique à Michèle Audette mardi en reconnaissance de son engagement politique et social, notamment dans la cause des femmes autochtones.

Michèle Audette, originaire de Maliotenam, a reçu la plus haute distinction universitaire des mains du recteur de l’université, Guy Breton, devant un parterre de nouveaux diplômés réunis pour la collation des grades de la Faculté des arts et sciences. Il s’agit du tout premier doctorat honorifique octroyé par le Département de science politique de l’Université de Montréal en 60 années d’existence.

«Votre profond engagement à construire un monde plus égalitaire fait de vous un modèle pour tous les diplômés actuels et futurs de notre université», a déclaré le recteur.

Mme Audette rêve de terminer ses études universitaires et de décrocher à son tour un baccalauréat ou une maîtrise. Elle voit dans les jeunes diplômés des «modèles» qui détiennent «un grand pouvoir de changer les choses».

«J’accepte cette distinction avec des larmes, avec de la joie, surtout de la fierté et de la détermination», a lancé la nouvelle docteure.

L’AMOUR

En entrevue avec Le Nord-Côtier, Michèle Audette a identifié l’amour «en lettres majuscules» et l’espoir comme des éléments centraux de sa carrière.

«Cette violence-là va toujours être là. Et c’est ça aussi qui m’anime à poursuivre. De défaire cette violence-là et de la transférer en amour, ou du moins en respect.»

«Je ne veux pas rester témoin et devenir complice, mais plutôt faire partie de ceux et celles qui veulent changer les choses», a-t-elle confié.

Michèle Audette siège présentement comme commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA). Dans son discours, elle a demandé de l’aide pour continuer à donner l’amour qui la motive à défendre cette cause.

«Maintenant, je vous demande une faveur, les diplômés, ici dans la salle. Et si c’était possible d’ajouter dans vos rêves une petite partie de mon rêve à moi. Celui d’une meilleure cohabitation, d’une réelle réconciliation, d’une justice sociale, d’une équité et d’une égalité», a-t-elle souhaité.

Éloges

Les dignitaires se sont succédé au micro pour faire l’éloge d’une femme, mère et grand-mère autochtone «battante» et «inspirante». Le recteur Guy Breton a souligné son «travail admirable et colossal» pour réclamer et obtenir une enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

«Cette femme déterminée nous a ouvert les yeux sur un drame national qui se produisait chez nous, au Canada, de longue date», a-t-il indiqué.

Le recteur Guy Breton, Michèle Audette, le chancelier Louis Roquet et le secrétaire général Alexandre Chabot. (Photo: Benjamin Seropian)

Louis Roquet, chancelier de l’Université, l’a remercié pour ses deux décennies d’engagement et de combat au service des femmes autochtones.

«Vous avez fait de votre double origine québécoise et innue une force au service de la réconciliation de deux peuples. Et vous avez fait de votre histoire personnelle, une histoire marquée par l’injustice, le moteur d’une action réparatrice pour des centaines, voire des milliers d’autres femmes», a-t-il affirmé.

Christine Rothmayr Allison, directrice du Département de science politique, a rappelé que ses actions ont mené à des «changements législatifs importants quant aux droits des femmes et des enfants autochtones».

«Mieux que quiconque, elle parvient à créer des ponts entre deux mondes qui ont souvent de la difficulté à se comprendre. Son travail et son engagement sont au cœur des efforts actuels de réconciliation», a-t-elle estimé.