Mario Dufour se porte à la défense de l’architecture de l’Hôtel de Ville

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Par Éric Martin
Mario Dufour se porte à la défense de l’architecture de l’Hôtel de Ville
Mario Dufour travaille fort pour assurer la survie du bâtiment qui habite l’Hôtel de Ville de Sept-Îles en raison de sa valeur patrimoniale.

Inquiet de la survie du bâtiment qui habite l’Hôtel de Ville de Sept-Îles, Mario Dufour en profite aujourd’hui pour mettre de l’avant la très grande valeur architecturale de cet édifice construit par la firme ARCORP à qui l’on doit également Place Ville-Marie, la tour CIBC, le pavillon de l’Expo 67 et la Place des Arts à Montréal.  

Cette inquiétude soulevée par Mario Dufour découle du fait que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, qui est le gestionnaire des installations de l’hôpital régional de Sept-Îles, souhaite faire l’acquisition du terrain sur lequel se trouve l’Hôtel de Ville pour en faire l’aménagement d’espaces de stationnement supplémentaires. Il faut souligner que cet intérêt ne date pas d’hier.

Des négociations sont en cours et une décision sera prise à ce sujet dans les mois à venir. Ce technicien en architecture à la retraite s’attriste qu’on puisse songer à démolir un bâtiment avec une aussi grande valeur architecturale pour en faire un tel usage.

« La question est la suivante : aurons-nous en héritage du conseil de ville un stationnement ou la conservation d’un bâtiment signé par des architectes reconnus à travers le Canada? C’est là qu’en réside sa valeur. Le but de ma démarche est que les gens en comprennent son importance. Il est un héritage patrimonial », lance-t-il avec conviction.

Une signature singulière

Une chose est certaine, le principal intéressé comprend parfaitement que plusieurs personnes soient plus ou moins concernées par sa survie dans son état actuel. « Il est difficile de l’apprécier tel qu’il est maintenant.  C’est le concept lors de sa construction qui importe. Ça s’inscrit dans un courant architectural inspiré par le Bauhaus. Le système de mur rideau est une signature que l’on retrouve dans des gratte-ciel des années 60. C’est une trace majeure qui mérite d’être prise en considération. »

Tout au long de cet entretien, M. Dufour n’hésite pas à qualifier d’inappropriées toutes les interventions faites sur ce bâtiment qu’il considère comme patrimonial au Québec et que des travaux de rénovation pourraient lui redonner son aspect original.

Démarches en cours

Pour l’aider dans ce combat visant à reconnaître les qualités architecturales de ce bâtiment, M. Dufour a envoyé une lettre à Mme Phyllis Lambert du Centre canadien d’architecture (CCA). C’est auprès de cette entité que les plans de l’Hôtel de Ville ont été déposés dans ces archives par l’un des architectes du groupe ARCORP, Jean Michaud.

« Toutes les recherches que j’ai menées me confirment que j’ai raison. Ça vient en démontrer sa légitimité. Je n’entends pas lâcher le morceau. S’il est éventuellement considéré comme un bâtiment patrimonial, il sera possible d’obtenir des subventions », indique-t-il.

En plus de travailler fort à convaincre les élus municipaux et la population, Mario Dufour entend faire des démarches sérieuses auprès du ministère de la Culture et du Patrimoine pour les mettre à l’affût de ce dossier. En bref, leur faire part de ses inquiétudes quant à l’avenir de l’Hôtel de Ville de Sept-Îles.

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